Bonjour,
Et dĂ©solĂ© dâĂȘtre moins prĂ©sent. Jâavais racontĂ© il y a quelques semaines le lancement de Meelton pour regrouper mes newsletters, et il y a pris plus de temps que prĂ©vu, entre le dĂ©veloppement de lâoutil (de la tech, comme on dit dans les decks), la migration des newsletters hors de Substack (Zero Bullshit est la derniĂšre) et le lancement de Meelton Studio, oĂč on vous propose de lancer votre mĂ©dia newsletter clĂ© en main (prod, acquisition, leads, envoi etc.) et donc rĂ©pliquer le modĂšle quâon a dĂ©jĂ fait 18 fois (dĂ©jĂ ). Mais bon, trĂšve de racontage de vie (et dâautopromo, faut bien lâavouer).
M6 a une longue histoire avec les produits financiers. Bricks a explosĂ© aprĂšs un passage dans Capital en 2022. Le site Ă©tait inaccessible le soir de lâĂ©mission, tellement il y avait de connexions. Il y a quelques temps, la chaĂźne avait lancĂ© Capital Ăpargne avec Julien Courbet, du lundi au vendredi Ă 20h20 : un programme court dâĂ©ducation financiĂšre sponsorisĂ© par Trade Republic. Et depuis 2020, il y a QVEMA, la star des audiences des Echos et de Madyness, Ă dĂ©faut dâen faire vraiment sur M6.
De lâautre cĂŽtĂ© du spectre bullshitique, on a les formateurs. Willy Denzel et ses clones : ils ont vendu du dropshipping, puis de lâimmo, puis du marketing digital, puis des SaaS. Certains sont passĂ©s par les NFT. LâIA est arrivĂ©e. La promesse ne change pas. Le produit tourne. Des gens continuent de perdre 4â000 balles dans des formations filmĂ©es dans des Airbnb Ă DubaĂŻ avec vue sur le Burj Khalifa.
Câest dans ce contexte quâArthur, producteur de QVEMA, a dĂ©cidĂ© de rĂ©ussir le pire des deux mondes, et dâannoncer officiellement ce que jâavais annoncĂ© pas officiellement 4 mois avant : Amplify.
Et qui, comme par hasard et câest le cas Ă chacun de mes Ă©ditos, est le sujet de ma newsletter du jour.
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Avant la tĂ©lĂ©, il y a la radio. En 1987, Jacques Essebag nâest pas encore Arthur. Il remporte un concours dâanimateurs et se retrouve dans la matinale de RFM, en duo avec Laurence Boccolini. ProblĂšme : il y a dĂ©jĂ un Jacques Ă lâantenne. Jacques Mossino. Il faut un pseudo. Ca sera Arthur, en rĂ©fĂ©rence Ă marque de caleçon dont la publicitĂ© est affichĂ©e partout dans les rues de Paris.
Skyrock en 1989. Fun Radio en 1991, oĂč il se prĂ©sente comme « lâanimateur le plus con de la bande FM » et anime lâOrgasmotron. Europe 1. Europe 2, avec Gad Elmaleh, et un record du monde de lâĂ©mission de radio la plus longue : 33H consĂ©cutives.
En 1992, TF1 lui propose LâĂmission impossible. Flop. Deux ans plus tard, il atterrit sur France 2 avec Les Enfants de la tĂ©lĂ©, aux cĂŽtĂ©s de Pierre Tchernia. LâĂ©mission migre sur TF1 et y restera jusquâen 2016. Entre-temps, il a incarnĂ© La Fureur, Ă prendre ou Ă laisser, 120 Minutes de bonheur, Nice People, Des talents Ă couper le souffle, Les Touristes. Beaucoup de succĂšs. Quelques Ă©checs. En 2011, il lance Vendredi tout est permis sur TF1. Toujours Ă lâantenne. Voila Arthur : 30 ans de divertissement populaire français. Les cases en prime time, les records dâaudience, la LĂ©gion dâhonneur en 20221. Parmi les 500 plus grandes fortunes françaises avec 400M⏠selon Challenges2.
Mais Arthur est aussi quelque chose dâautre. Quelque chose que le grand public voit moins. Dans les annĂ©es 90, une gĂ©nĂ©ration dâanimateurs comprend que lâantenne, seule, ne rend pas riche. Ce qui rend riche, câest de possĂ©der ce quâon produit. Dechavanne monte Coyote TV. Ardisson crĂ©e Ardisson & LumiĂšres. Nagui fonde Air Productions. SĂ©bastien, Delarue, chacun Ă sa façon. Le principe est simple : tu animes lâĂ©mission, ta boĂźte la produit, tu encaisses des deux cĂŽtĂ©s. Ce que les chaĂźnes payent pour diffuser, câest toi qui le reçois en tant que producteur.
Arthur fait pareil. En 1994, il co-fonde Case Productions avec StĂ©phane Courbit3. Un autre homme qui a compris le principe. En 2001, Case Productions est rachetĂ©e par Endemol. Arthur en devient vice-prĂ©sident France. En 2007, il vend ses parts. Selon plusieurs sources, il en retirerait environ 200MâŹ. Courbit quitte en mĂȘme temps pour fonder LOV Group, qui deviendra Banijay, le plus grand groupe de production audiovisuelle indĂ©pendante au monde. Arthur, lui, prend son temps. En 2010, il monte Satisfaction : sa structure solo, indĂ©pendante, Ă lui.
En fĂ©vrier 2026, Courbit comparaĂźt devant la fameuse commission dâenquĂȘte parlementaire sur la neutralitĂ©, le fonctionnement et le financement de lâaudiovisuel public4. La commission, initiĂ©e par le groupe UDR dâĂric Ciotti, est mĂ©diatiquement incarnĂ©e par son rapporteur Charles Alloncle, 32 ans, ex-figure de la tech, cofondateur de la nĂ©obanque Blank devenu dĂ©putĂ© ciottiste de lâHĂ©rault, qui sâen sert comme tribune politique quotidienne pour parler Ă son Ă©lectorat. Les questions posĂ©es aux auditionnĂ©s varient selon les sĂ©ances, mais le fil conducteur est clair : comment les producteurs et animateurs captent la valeur du service public. Sur la rĂ©munĂ©ration de Nagui, Courbit rĂ©pond5 :
« Câest un peu comme les footballeurs, câest des gens trĂšs bien payĂ©s parce quâils ont un talent assez unique. »
Arthur, lui, nâĂ©tait pas concernĂ© par la commission. Il ne travaille pas avec le service public. M6, TF1. Autre terrain. MĂȘme mĂ©canique.
Pendant que ses anciens pairs sâexpliquent devant les dĂ©putĂ©s, Satisfaction Group produit plus de mille heures de programmes par an dans une dizaine de pays6. Vendredi tout est permis pour TF1 via Satisfy. Des JV avec John de Mol cĂŽtĂ© Talpa et James Corden cĂŽtĂ© Fulwell 73. Et en 2020, il rachĂšte les opĂ©rations françaises de Sony Pictures Television, ce qui lui permet de rĂ©cupĂ©rer la licence de Qui veut ĂȘtre mon associĂ© ?, format propriĂ©tĂ© de Nippon TV au Japon7.
Alef One, sa branche fiction cofondée avec Nora Melhli en 2018, produit Le Nounou avec Booder. Diffusé le 26 février 2024 sur TF1 : 5,4M de téléspectateurs8. Record de fiction unitaire sur la chaßne depuis 2021. TF1 en a commandé une suite, puis une autre. Samir est en train de devenir un personnage récurrent de la chaßne.
Sauf que.
Ă cĂŽtĂ© dâAlef One, il y a le reste du catalogue. Et ça commence par TĂ©mamacaisse. Le nom dit tout, et en mĂȘme temps il dit rien. Du verlan de verlan recyclĂ© par des gens qui ont entendu parler de la culture urbaine sans jamais lâavoir pratiquĂ©e. Le genre de titre qui sort dâune rĂ©union oĂč quelquâun a dit « notre cible câest les jeunes » et oĂč personne nâa osĂ© lever la main.
Jazz & Laurent Ă DubaĂŻ. Eva dans son mood. Follow Me, les it-girls Ă Coachella. MMA Academy. Et Silent Library : un concept oĂč des gens doivent faire des dĂ©fis absurdes sans faire de bruit dans une bibliothĂšque. Format faussement inspirĂ© par YouTube, produit pour la tĂ©lĂ©, avec des codes TV, pour une cible qui regarde YouTube prĂ©cisĂ©ment parce que ce nâest pas de la tĂ©lĂ©. Du contenu influenceur produit Ă la chaĂźne par La Grosse Ăquipe, filiale spĂ©cialisĂ©e tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©, celle qui a aussi sorti Hollywood Girls et Allo Nabila.
La holding qui coiffe tout ça, Ocean Group SA, est domiciliĂ©e Ă Bruxelles depuis 2013, chez un cabinet fiduciaire local. 75% en direct, 25% via AW Equity au Luxembourg. La fiscalitĂ©, câest en Belgique depuis douze ans.
Au milieu de tout ça donc, Qui veut ĂȘtre mon associĂ© ? (QVEMA). Vendredi tout est permis fait de meilleures audiences sur TF1. Mais QVEMA a un truc que les autres Ă©missions dâArthur nâont pas : les articles sur lâĂ©mission comptent parmi les plus lus de Les Echos startups et de Maddyness. Les deux tartinent chaque Ă©pisode en temps rĂ©el pour gratter du trafic. Ce nâest pas un public de tĂ©lĂ©spectateurs que lâĂ©mission gĂ©nĂšre. Câest un public de lecteurs Ă©conomiques qui ne la regardent peut-ĂȘtre pas mais qui lisent tout ce qui sây rapporte.
Sauf que les audiences tĂ©lĂ©visĂ©es, elles, dĂ©clinent. La saison 5 sâest terminĂ©e Ă 1,54M de tĂ©lĂ©spectateurs en moyenne. Pire : M6 ne communique plus sur les 4+ (lâaudience globale, tous Ăąges confondus). Elle met en avant les FRDA-509 et les 15-34 ans. Les annonceurs adorent ces cibles. Elles permettent de vendre des espaces pub chers mĂȘme quand lâaudience totale sâĂ©rode. Le lancement de la saison 6, le 8 janvier 2026 : 1,30M. Pire dĂ©marrage de lâhistoire du programme. La chaĂźne avait tentĂ© de dĂ©placer lâĂ©mission du mercredi au jeudi, avant de revenir au mercredi dĂšs le 5 fĂ©vrier. RatĂ©.
Câest peut-ĂȘtre ça qui a poussĂ© Arthur Ă dire au jury de lâĂ©mission, alors quâil tentait de raconter comment il allait lui mĂȘme vendre des formations :
« Les tĂ©lĂ©spectateurs dâM6 câest de la merde. Donc faire des bandes annonces sur une chaĂźne oĂč il y a pas lâaudience ça amĂšne pas de lâaudience. »
đ Je vous veux dans MA captable
QVEMA, câest dâabord un jeu tĂ©lĂ©. Des entrepreneurs pitchent, des jurĂ©s proposent des pourcentages contre des euros, tout le monde nĂ©gocie sous les projecteurs. Le format a une certaine honnĂȘtetĂ© dans son principe : les jurĂ©s proposent un montant en euros contre un pourcentage du capital. La valorisation nâest jamais posĂ©e comme un objectif : câest une rĂ©sultante, ce que le calcul donne quand on divise lâun par lâautre. Contrairement aux annonces de levĂ©es de fonds habituelles oĂč la valo est lâargument, ici elle sort de la nĂ©gociation. Ce qui explique aussi pourquoi lâĂ©mission montre surtout du consumer, des belles histoires accessibles, des produits quâun tĂ©lĂ©spectateur peut comprendre en trente secondes. Pas de deeptech, pas de B2B industriel. Ce serait illisible Ă lâantenne. Câest le jeu, au sens propre.
Sauf que depuis quelques saisons, il se passe quelque chose derriĂšre lâĂ©mission. Les jurĂ©s ne viennent plus seulement pour investir. Les entrepreneurs ne viennent plus seulement pour lever. Et les chiffres finissent par raconter quelque chose dâassez diffĂ©rent de ce que montre lâĂ©mission.
Si tâas suivi Zero Bullshit depuis ces derniĂšres annĂ©es, tu connais dĂ©jĂ une partie du tableau.
Blast, le club dâinvestissement dâAnthony Bourbon, le plus mĂ©diatique. Bourbon lâa construit avec QVEMA comme tremplin, en embarquant Tony Parker et LarchevĂȘque comme membres. Câest dâailleurs LarchevĂȘque qui en est parti pour lancer son propre club dâinvestisseurs, Day One, depuis rebrandĂ© NVST.
LarchevĂȘque, câest un cas Ă part. Depuis quâil a quittĂ© Ledger, les projets sâaccumulent. NVST, donc, le club dâinvestissement. En dĂ©cembre 2025, SKL Club, un club dâentrepreneurs Ă abonnement avec 40 experts et 600 lives par an, officiellement division formation de The Bitcoin Society. The Bitcoin Society justement : sociĂ©tĂ© cotĂ©e en bourse, prĂ©sentĂ©e comme « le projet le plus important de ma vie », dont la mission est dâaccumuler du Bitcoin pour construire un capital de confiance et bousculer le systĂšme monĂ©taire. Une sorte de Saylor (to the) Moon Ă la française, avec Tony Parker au board. Parmi les trois piliers du dispositif, il y a la Network Society : un rĂ©seau ouvert, gratuit, pour fĂ©dĂ©rer les entrepreneurs convaincus par la vision. Toujours aucune idĂ©e de ce que ça peut vouloir dire. LarchevĂȘque aura passĂ© plus de temps Ă lâannoncer que le projet nâen a mis Ă exister.
Offstone, câest la partie retail de la fonciĂšre dâAnguelov, ouverte au grand public quelques jours avant la diffusion de son portrait en saison 6.
Alice Lhabouz, qui a quittĂ© la direction de Trecento AM en mai 2024, aprĂšs avoir vendu. Elle gĂ©rait 250M⏠pour des institutionnels et de grandes familles. Maintenant elle a lancĂ© Alice Lhabouz Conseil, cabinet de conseil en Ă©pargne pour les particuliers, numĂ©ro ORIAS, avec une photo du plateau de QVEMA en fond de page dâaccueil. Sa bio Instagram affiche toujours « +250M⏠gĂ©rĂ©s » et elle baccine depuis ses lecteurs pour vendre son conseil.
Ă chaque fois, le passage dans lâĂ©mission a servi Ă lancer ou Ă faire grossir un produit financier ou patrimonial adressĂ© au grand public. Les deals signĂ©s sur le plateau sont souvent anecdotiques par rapport Ă ce qui se construit Ă cĂŽtĂ©. Mais certains ont dâautres biz, quâon a dĂ©jĂ Ă©voquĂ© ici par le passĂ©.
Kelly Massol, Ă©videmment. Son deuxiĂšme LBO sur Les Secrets de Loly : ~170MâŹ, 15,5x EBITDA, ~40M⏠de cashout. En rĂ©union de rentrĂ©e avec Arthur et lâensemble des jurĂ©s, avant le tournage de la saison 6, elle confesse sans dĂ©tour :
« Le fait dâĂȘtre visible Ă cette pĂ©riode pour ma levĂ©e, moi ça mâarrange. »
Jean-Michel Karam, aussi. En janvier 2026, on avait signalĂ© ici mĂȘme quâune IPO se prĂ©parait. IEVA Group ouvre sa souscription le 11 mars, pendant que lâĂ©mission est toujours Ă lâantenne. Ticker ALIEV, Euronext Growth Paris, 12,79⏠par action, valorisation ~127MâŹ. Cotation le 31 mars. Depuis, sur LinkedIn, Karam sâadresse directement au grand public avec un discours trĂšs retail : vous pouvez investir, câest accessible, voici pourquoi le timing est bon. Le registre est celui dâun fondateur qui sait exactement qui le suit.
Comme pour son bouquin, La rĂ©ussite est en vous !, sorti quelques jours avant le lancement de lâĂ©mission.
Les livres justement, câest tout un sujet. Une partie des jurĂ©s de QVEMA sont passĂ©s chez Michel Lafon. Bourbon : Forcez votre destin en 2022, prĂ©facĂ© par Arthur. Karam : La rĂ©ussite est en vous ! en 2026. Massol a publiĂ© aussi, mais chez les Ăditions du Rocher. Anguelov chez Alisio, et reverse lâintĂ©gralitĂ© de ses droits aux enfants de lâASE10, dont il est lui-mĂȘme issu. Il nâexiste pas dâaccord formel public entre Michel Lafon et M6. Dans les faits, Michel Lafon est lâĂ©diteur attitrĂ© des personnalitĂ©s de la chaĂźne, et M6 a son propre label co-brandĂ©, M6 Editions, sur un modĂšle proche de ce que Lafon fait avec Radio France : la marque apporte la caution et la promo antenne, lâĂ©diteur apporte lâinfrastructure et la distribution.
LarchevĂȘque, lui, a deux livres. Pas chez Michel Lafon seulement. Chez M6 Editions. Entreprendre pour ĂȘtre libre en janvier 2024. La StratĂ©gie Bitcoin en fĂ©vrier 2026, avec le logo M6 sur la couverture, co-brandĂ© Michel Lafon, prĂ©facĂ© par Tony Parker. Parker qui Ă©tait lui-mĂȘme investisseur dans Blast, le club de Bourbon. Le milieu est petit. M6 Editions, câest une filiale de Metropole Television, la mĂȘme entitĂ© actionnaire dâAmplify Ă 50%, rentable chaque annĂ©e depuis 1998. Elle co-signe les livres de LarchevĂȘque. Et seulement les siens. Bourbon et Karam publient chez Michel Lafon aussi, mais sans le logo M6 sur la couverture. Massol, chez les Ăditions du Rocher.
La thématique est plutÎt attendue : La Maison du Bitcoin en 2014, devenue Coinhouse, puis Ledger, puis The Bitcoin Society. Cohérent avec son parcours. Moins cohérent avec le co-éditeur.
M6 investit dans le personnage depuis un moment. Elle lui a produit une Ă©mission, Changer de job, le grand saut, diffusĂ©e en fĂ©vrier 2024 Ă 23h40 juste aprĂšs QVEMA. Flop. Quasiment plus de trace sur le web. Elle a aussi montĂ© un format branded content11 avec CitroĂ«n, « Sur la route des entrepreneurs avec CitroĂ«n », oĂč LarchevĂȘque prĂ©sente trois entreprises candidates de QVEMA. CitroĂ«n achĂšte une association avec lâĂ©mission, M6 produit, LarchevĂȘque prĂ©sente.
Habituellement, M6 Editions publie des recettes de cuisine, des guides de jardinage, des souvenirs dâanimateurs. Cette fois, elle co-signe un guide dâinvestissement dans un actif spĂ©culatif Ă destination de particuliers qui nâont jamais mis un euro en crypto. Peu importe ce quâon pense du Bitcoin en tant que technologie : câest un placement, avec du vrai argent, et du vrai risque. M6 a mis son logo dessus.
Les premiers lecteurs ont répondu.
Bourbon, LarchevĂȘque, Massol, Karam, Lhabouz. Chacun a fait quelque chose de son passage dans lâĂ©mission. Dans les 40 autres pays oĂč existe le format, aucun jury nâa systĂ©matisĂ© ce mouvement, et aucune chaĂźne nâa mis son logo sur un guide de placement crypto co-signĂ© avec un de ses jurĂ©s. Kevin OâLeary aux Ătats-Unis commercialise des ETFs adossĂ©s Ă sa notoriĂ©tĂ© Shark Tank, mais il pesait 400M$ avant le show. Sa lĂ©gitimitĂ© financiĂšre prĂ©existait Ă lâĂ©mission. En France, câest lâĂ©mission qui la fabrique. Dans un autre format, les Kretz illustrent Ă©galement ça : leur Kretz Club, 2â000⏠par an, investissement immobilier dĂšs 1â000âŹ, ils citent explicitement LâAgence comme canal de vente. Câest peut-ĂȘtre une spĂ©cificitĂ© française.
Cela dit, la tĂ©loche a toujours fonctionnĂ© comme ça. La Classe dans les annĂ©es 80 a lancĂ© des carriĂšres. Ruquier a remis le couvert avec On ne demande quâĂ en rire, lui permettant de trouver des talents quâil a ensuite produits. Vendredi tout est permis, lâĂ©mission dâArthur sur TF1, est elle-mĂȘme lâhĂ©ritiĂšre directe de cette logique. Ce sont des tremplins qui sâenchaĂźnent. Le âvu Ă la tĂ©lĂ©â sur les packagings produits, pendant vingt ans, câĂ©tait un argument commercial. Passer Ă la tĂ©lĂ©, câest de la crĂ©dibilitĂ© gratuite. Ce nâest pas une dĂ©couverte.
Ce qui est nouveau avec QVEMA, câest que la mĂ©canique fonctionne dans les deux sens. Du cĂŽtĂ© des jurĂ©s : lâĂ©mission sert de caution pour lancer ou accĂ©lĂ©rer des produits financiers adressĂ©s au grand public. Du cĂŽtĂ© des entrepreneurs : câest du tĂ©lĂ©-achat. La levĂ©e de fonds sur le plateau, câest souvent le prĂ©texte. Plus de la moitiĂ© des deals annoncĂ©s Ă lâantenne ne se concrĂ©tisent jamais aprĂšs tournage. Parfois parce que les due diligences font apparaĂźtre des problĂšmes. Parfois parce que les entrepreneurs nâen ont plus besoin une fois la visibilitĂ© acquise. Et la rĂ©alitĂ© : câest quâon bat les steaks.
Et justement, parlons de FĂ©roce, la boucherie de David Nicolas. Sur le plateau, la valo est Ă 3MâŹ. Plusieurs mois plus tard, Nicolas revient vers Bourbon : le CA a Ă©tĂ© multipliĂ© par 4,5 depuis le tournage. Sa valo est dĂ©sormais Ă 15-20MâŹ. Bourbon dit quâil est dâaccord au nouveau prix, mais quâil nâa plus suffisamment de temps pour accompagner les entrepreneurs. Nicolas lui rĂ©pond non. Il veut des partenaires animĂ©s par une mission, pas des financiers. Il publie ça sur LinkedIn pour pĂ©cho quelques likes.
Massol rĂ©agit publiquement pour confirmer quâelle aussi renonce : entre le tournage et la diffusion, la valo avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© multipliĂ©e par 3, les conditions du deal plateau nâavaient pas Ă©tĂ© respectĂ©es.
Plusieurs jurĂ©s et des entrepreneurs passĂ©s dans lâĂ©mission nous ont racontĂ© la mĂȘme chose : certains candidats jouent la montre avant de conclure le deal, conscients que le passage TV leur permet de nĂ©gocier de meilleures conditions aprĂšs coup. Le deal nâest plus lâobjectif. La diffusion lâest.
QVEMA câest 6 Ă 7 minutes de prĂ©sentation en prime time sur M6, devant un public qui a choisi dâĂȘtre lĂ . Un spot de 30 secondes sur la mĂȘme chaĂźne coĂ»te entre 30K⏠et 70KâŹ. Le passage dans lâĂ©mission est gratuit pour lâentrepreneur, et dure 10 fois plus longtemps.
Detective Box : 1â000 box vendues en 3h aprĂšs le passage Ă lâantenne, contre 30 Ă 40 par jour avant12.
APS ME : 50â000 connexions en une soirĂ©e, lâĂ©quivalent dâun mois de ventes13.
Dijo : 400K⏠de CA en une soirĂ©e, puis 5M⏠lâannĂ©e suivante contre 1,2M⏠lâannĂ©e dâavantÂČÂč.
Funkie : un an de CA en une heure.
La PoudrĂ©e Paris, saison 6 : « lâĂ©quivalent dâun Q4 en quelques heures. »14
Mais il ne faut pas que ça marche trop bien.
Naali, des complĂ©ments alimentaires au safran afghan, est passĂ© en saison 5 avec Jean-Michel Aulas, lâex-prĂ©sident de lâOlympique Lyonnais qui sâest depuis pris une branlĂ©e par les Verts il y a quelques jours (dĂ©cidemmentâŠ) avant de demander la VAR.
Peu aprÚs le passage, la marque commence à mettre QVEMA sur ses présentoirs en pharmacie.
Satisfy envoie une mise en demeure pour « exploitation illicite des marques et images de lâĂ©mission ». Quelques semaines plus tard : 2e courrier, 250â000⏠de provision sur prĂ©judice, payable sous quinzaine, avec transmission des Ă©lĂ©ments comptables. Les 250â000âŹ, si jamais ils sont versĂ©s, iront dans la poche de Satisfy. Pas dans celles des jurĂ©s qui avaient investi dans Naali et que Satisfy sollicite pour intervenir.
Naali nâest pas un cas isolĂ©. La Tribu Happy Kids, livres et outils pĂ©dagogiques pour enfants dans lequel Kelly Massol a investi, a diffusĂ© des publicitĂ©s sponsorisĂ©es avec des images de lâĂ©mission. ProblĂšme, parmi les gens qui ont Ă©tĂ© ciblĂ©s par la pub yâa⊠Arthur. Une autre entreprise candidate a installĂ© une affiche de trois mĂštres chez Carrefour avec « vu dans Qui veut ĂȘtre mon associĂ© ». Une autre a diffusĂ© une vidĂ©o de promotion un quart dâheure avant la diffusion. A chaque fois, le producteur fait pression sur les jurĂ©s pour quâils interviennent. En off, ceux qui ont acceptĂ© de rĂ©pondre disent quâils nâont pas vraiment envie de se mettre en porte Ă faux avec les boĂźtes dans lesquelles ils investi. Et que globalement, ils sâen foutent, parce que câest aussi ça une start-up.
Mais Arthur a une façon bien à lui/pour lui, de résumer la situation :
« Il y a un gùteau et tout le monde se sert dedans et ça part dans tous les sens. »
Sâil se cache parfois derriĂšre la peur de perdre le licence, il dit explicitement dans une rĂ©union de production :
« Nous producteurs, nous gagnons des sous uniquement sur la marge de lâĂ©mission qui est de plus en plus petite. »
Câest prĂ©cisĂ©ment ce quâil essaie de rĂ©soudre avec Amplify. La rĂ©munĂ©ration des pauvres petits producteurs.
đŽMais câest dâla meeeerde
Lors quâune rĂ©union de prĂ©paration de la derniĂšre saison, Arthur, par lâodeur allĂ©chĂ©, aurait tint Ă peu prĂšs ce langage, selon un de ses proches :
« [QVEMA] Câest une marque qui sert quâĂ faire du business Ă droite Ă gauche, ce qui est Ă©nervant parce que dans ce business lĂ , nous on touche rien. »
Que Bourbon lui semblait joli. Que LarchevĂȘque lui semblait beau. Au point quâil Ă©rige la prĂ©sence dans lâĂ©mission en rapport de force.
« Anthony [nâaurait] pas montĂ© Blast de la mĂȘme maniĂšre sâil avait pas utilisĂ© lâimage [QVEMA]. Il le sait, il le reconnaĂźt. »
Et dâajouter.
« Si jamais je disais Anthony, tu fais pas la saison, ça fout son business model en lâair. »
CâĂ©tait vrai Ă lâĂ©poque. Sauf que Blast a depuis largement pris son autonomie, et les spectateurs qui devaient ĂȘtre clients, le sont dĂ©jĂ . Mieux, alors que la saison 7 de QVEMA est dĂ©jĂ en cours de casting, il semble assez probable que Bourbon nâen fasse plus partie. Arthur nâest peut-probablement pas encore au courant. Il a quâĂ lire les bonnes newsletter.
Le producteur cite explicitement Jean-Pierre Nadir comme prĂ©cĂ©dent. Le fondateur de avait Ă©tĂ© jurĂ© des premiĂšres saisons avant de ne revenir dâĂ©pisodiquement. Selon Arthur, il a quittĂ© lâĂ©mission prĂ©cisĂ©ment pour avoir trop utilisĂ© la marque Ă des fins de recrutement commercial. Le cas Nadir, câest la ligne rouge que les suivants ont continuĂ© de franchir. Le jurĂ© lui, avait expliquĂ© ici il y a quelques semaines quâil nâavait tout simplement plus le temps dâaccompagner de boĂźtes.
La rĂ©alitĂ©, câest quâavec Arthur, tout est rapport de force. Et quâil nâĂ©pargne personne. Sur Bourbon :
« Entre le Anthony de la saison 1 et lâAnthony de la saison 5, il est Ă poil en jet ski avec sa gonzesse Ă faire des tutos sur comment rĂ©ussir dans la vie dans son dressing. »
Sur LarchevĂȘque :
« Son associĂ© sâest fait enlever parce quâĂric faisait des vidĂ©os tous les jours pour dire âje suis millionnaire en Bitcoinâ. »
Une rĂ©fĂ©rence Ă lâaffaire Balland qui a pris une toute autre ampleur il y a quelques jours quand Bourbon a publiĂ© une vidĂ©o accusant Yves VilaginĂšs, chef du service Entrepreneurs aux Echos, dâavoir rĂ©vĂ©lĂ© son adresse personnelle sur LinkedIn, en marge dâun article sur le transfert de sa holding en GrĂšce. Bourbon invoque les enlĂšvements en sĂ©rie qui ciblent les entrepreneurs et investisseurs crypto depuis 2024. Les Echos ont prĂ©sentĂ© leurs excuses, notamment aprĂšs que le fils Arnault soit intervenu. Bourbon disant aux mĂȘmes Echos avoir dĂ©mĂ©nagĂ© en GrĂšce pour des raisons de sĂ©curitĂ© quelques jours plus tĂŽt, et se retrouve quand mĂȘme doxĂ© par un journaliste Ă©conomique⊠qui avait Ă©crit un article sur la nouvelle loi destinĂ© Ă ne pas faire apparaĂźtre les adresses des entrepreneurs.
Toujours est-il quâĂ cet automne 2025, Arthur annonce el famoso Amplify aux jurĂ©s quâil veut embarquer dans le dispositif. La simple utilisation du terme dispositif en dit probablement plus quâune longue explication.
Dans les prĂ©sentations en interne et aux partenaires, on parle de « premier mĂ©dia 360 sur la verticale de l'entrepreneuriat », de « galaxie », d'« assets », de « verticales », d'« Ă©cosystĂšme digital » et de « feuilletonner ». Des « pastilles digitales » LinkedIn, des contenus pour « maximiser la viralitĂ© ». Une « rĂ©gie intĂ©grĂ©e force de proposition ». Le tout pour « asseoir la lĂ©gitimitĂ© » et « amplifier l'impact ». Ăa sent le PowerPoint fait en urgence par des gens qui ont passĂ© leur vie dans des bureaux et qui regardent le monde sans vraiment le comprendre.
Mais peu importe. Le projet sera « avec le ministĂšre du Travail », pour « aider les jeunes Ă accĂ©der au monde de l'entrepreneuriat ». La promesse : une visibilitĂ© dĂ©cuplĂ©e via les rĂ©seaux de QVEMA, des masterclass rĂ©munĂ©rĂ©es, et une rĂ©gie intĂ©grĂ©e capable de leur amener du brand content. Il voudrait aussi que les jurĂ©s participent Ă la promo. Gratos. Selon plusieurs jurĂ©s, ça ne passe pas. Surtout quand la prĂ©sence semble conditionner la possibilitĂ© dâaccĂ©der Ă la saison suivante.
CĂŽtĂ© papelard, Amplify est portĂ© par Mon AssociĂ© Factory, siĂšge au 78 avenue Marceau, adresse de toutes les sociĂ©tĂ©s dâArthur. Satisfy et M6 Ă 50/50. PrĂ©sidente : MichĂšle Benzeno, que les communiquĂ©s prĂ©sentent comme « cofondatrice ». La rĂ©alitĂ© : elle dirige sans possĂ©der une seule action. Cela dit, on parle pas de nâimporte qui. Benzeno, câest dix ans passĂ©s Ă la tĂȘte de Webedia : la patronne de la creator economy française. Inoxtag, Domingo, Cyprien, des centaines de millions dâabonnĂ©s, des modĂšles de monĂ©tisation YouTube et branded content construits de lâintĂ©rieur. Elle quitte Webedia en fĂ©vrier 2025. Quelques mois plus tard, elle crĂ©e Digi-TV Prod, le 17 novembre 2025, soit six semaines aprĂšs la crĂ©ation de Mon AssociĂ© Factory. Si quelquâun est censĂ© savoir ce que sont vraiment ces formats, câest elle.
Le funnel, lui, est simple. Une partie gratuite sur qvema.com, M6+ et YouTube pour gĂ©nĂ©rer du trafic, et une formation certifiante de 150h Ă 5â000⏠montĂ©e avec lâESCP Extension School. Pas lâESCP Grande Ăcole. LâESCP Extension School, câest une branche de formation continue lancĂ©e en mars 2025, grand public, sans prĂ©requis acadĂ©mique, finançable CPF et France Travail, qui se prĂ©sente comme « inspirĂ©e des Extension Schools de Harvard et de UCLA ». En gros : on vend la marque et on prend tout le pognon quâil y a taper.
Le site du bouzin tourne avec un splendide amateurisme sur un template Webflow gratuit : Castifye. Les photos de prĂ©sentation sont celles du template de base. Le module 4, intitulĂ© « Choisir un problĂšme solvable », contient une vidĂ©o avec le stock model livrĂ© avec le template. Pas un intervenant. Un stock model. « ProblĂšme solvable » est dâailleurs la traduction automatique de âsolvable problemâ.
Ce qui nâempĂȘche pas Arthur de vendre sa soupe Ă ses jurĂ©s :
« Toutes les masterclass qui sont faites depuis 2 ans, câest des arnaques. Les pauvres gars, ils perdent 4000 balles et aprĂšs ils se retrouvent toujours au chĂŽmage. »
Dit-il pour prĂ©senter une formation Ă 5â000 balles. Ou encore :
« Cette acadĂ©mie qui est un vĂ©hicule qui proposera de faire la mĂȘme chose mais avec la marque QVEMA afin que ça ne parasite pas toutes les actions du programme. »
Lâaboutissement dâun long travail de tests et de rĂ©flexion. Parce que comme je lâavais rĂ©vĂ©lĂ© yâa un an (et aussi yâa 3 mois), lâarrivĂ©e remarquĂ©e dâArthur sur LinkedIn Ă©tait complĂštement liĂ©e Ă ce format, grĂące Ă lâaccompagnement dâun agence spĂ©cialisĂ©e LinkedIn, dirigĂ©e par des jeunes qui rĂ©flĂ©chissent comme des vieux. La mĂȘme qui gĂšre le compte dâun responsable patron immobilier qui sâest mis Ă commenter les façades haussmanniennes alors qu'il boucle des deals Ă plusieurs centaines de millions. Arthur, producteur de mille heures de TV par an, version LinkedIn : le mĂȘme registre, le mĂȘme angle. C'est exactement ce qu'il reproche Ă ses jurĂ©s.
Pendant ce temps, La Grosse Ăquipe produit TĂ©ma Ma Caisse.
đŠBaby Shark
Ce que QVEMA a fait en quelques saisons, aucune loi ne lâinterdit. Câest important de le dire. Bourbon nâa pas conseillĂ© en investissement au sens rĂ©glementaire. LarchevĂȘque nâa pas vendu de produits financiers sans agrĂ©ment. Karam nâa pas fait de publicitĂ© mensongĂšre. M6 nâa pas diffusĂ© de contenu illicite. Arthur nâa pas manquĂ© Ă ses obligations de producteur. Chacun, pris sĂ©parĂ©ment, a fait quelque chose de lĂ©gal.
Le problĂšme, câest ce qui se passe dans lâespace entre tout ça.
Une Ă©mission de prime time diffusĂ©e devant plusieurs millions de tĂ©lĂ©spectateurs a fabriquĂ©, semaine aprĂšs semaine, de la lĂ©gitimitĂ© financiĂšre pour une poignĂ©e de personnages publics. Pas Ă travers des publicitĂ©s dĂ©clarĂ©es. Pas Ă travers du conseil en investissement rĂ©gulĂ©. Ă travers de la narration tĂ©lĂ©visuelle des gens qui Ă©valuent des projets, qui posent de bonnes questions, qui savent quand dire non. Cette lĂ©gitimitĂ©-lĂ , personne ne lâa accordĂ©e formellement. Elle sâest construite par diffusion, par rĂ©pĂ©tition, par lâeffet de rĂ©alitĂ© propre au format. Et elle sâest monĂ©tisĂ©e en dehors de tout cadre. Câest la mĂȘme que dâautres utilisent chaque jour sur les rĂ©seaux sociaux pour faire, il faut quand mĂȘme lâavouer, bien pire.
[insĂ©rer ici une phrase sur Guillaume Pley que jâai la flemme dâĂ©crire]
LâAMF surveille les produits. LâARCOM surveille les contenus. Les deux institutions font leur travail dans leur pĂ©rimĂštre. Ce que personne ne surveille, câest lâespace entre les deux.
Dans les quarante autres pays oĂč QVEMA existe sous dâautres noms, personne nâa systĂ©matisĂ© ce mouvement. Pas parce que les jurĂ©s Ă©trangers sont plus vertueux. Parce que les conditions nâĂ©taient pas rĂ©unies : pas la mĂȘme concentration de personnalitĂ©s entrepreneurs-investisseurs, pas le mĂȘme Ă©cosystĂšme mĂ©diatique, pas la mĂȘme absence de rĂ©gulation interstitielle. La France a créé quelque chose dâassez unique.
Arthur a essayĂ© dâen prendre sa part. Il (v)a ratĂ©. Pas parce quâil manque de moyens ou dâintelligence15, parce quâil nâa rien compris Ă ce qui sâĂ©tait construit devant lui. Les jurĂ©s nâont pas existĂ© grĂące Ă QVEMA, ils se sont servi de lâĂ©mission comme catalyseur Ă leur histoire pour installer leur histoire et leur produit.
Bien que ça lui fasse mal au coeur16, la légitimité que QVEMA a construite, elle appartient aux personnages que le public a regardés pendant des années.
Pas au format. Pas Ă la licence Nippon TV. Pas au 78 avenue Marceau.
Mon AssociĂ© Factory. Capital 62â500âŹ. Formation Ă 5â000âŹ. Template Webflow gratuit.
Câest ça, sa part du gĂąteau.
DĂ©cret du 29 dĂ©cembre 2022 portant promotion et nomination dans lâordre national de la LĂ©gion dâhonneur, LĂ©gifrance, 29 dĂ©cembre 2022
Les 500 plus grandes fortunes de France, Challenges, Ă©dition 2025, Arthur classĂ© ~220e, fortune estimĂ©e ~400MâŹ
Audition de Banijay Group devant la commission dâenquĂȘte sur lâaudiovisuel public, AssemblĂ©e nationale, 25 fĂ©vrier 2026
Nagui « trĂšs bien payĂ© » : StĂ©phane Courbit sâexplique devant les dĂ©putĂ©s, The Media Leader, 25 fĂ©vrier 2026
Satisfaction Group, site officiel (page dâaccueil du groupe)
Arthur sâoffre Sony Pictures Television France, PuremĂ©dias, 9 juillet 2020
FRDA-50 : « Femmes responsables des achats de moins de 50 ans ». Indicateur utilisĂ© par les rĂ©gies publicitaires pour mesurer l'exposition d'une cible Ă fort pouvoir d'achat. Une chaĂźne peut afficher un excellent score FRDA-50 tout en perdant des tĂ©lĂ©spectateurs en 4+ (audience globale). Les deux chiffres ne racontent pas la mĂȘme histoire.
Aide Sociale Ă lâEnfance
Ca veut dire publicité quand on veut pas dire publicité
â52.000 euros en 72hâ : La Detective Box sâarrache depuis la diffusion de âQui veut ĂȘtre mon associĂ© ?â sur M6, PuremĂ©dias, 11 janvier 2023. Source primaire : post LinkedIn de la fondatrice Emilie Bernier OâDonnell.
« Qui veut ĂȘtre mon associĂ© ? » : Dijo fait le bilan un an aprĂšs son passage, Beaboss, mars 2024.
déclaration du cofondateur Maxime Desprez, post LinkedIn publié 4 jours aprÚs la diffusion (12 janvier 2026)
Ras le cul de payer des avocats, maintenant je suis sympa de moi-mĂȘme
Ou au cul






