đŠ Comment l'ex-licorne, placĂ©e en procĂ©dure de sauvegarde, s'imaginait plus grosse que le boeuf.
Pour avoir travailler deux ans dans lâusine dâAmiens je confirme beaucoup de parole.
Lâargent Ă Ă©tĂ© gaspillĂ© pour des choses dĂ©plorable.
Mais Ă coter de cela on est venu nous demander de faire des semaines et week-end dâastreinte pour 90⏠la semaine, pour ĂȘtre appelĂ© toute les nuits pour des problĂšmes ridicules et complĂ©ment debile puisse que pas un kg ne sortais de lâusine.
Malheureusement je suis content dâĂȘtre parti
Ce qui ne devrais jamais ĂȘtre le cas
Pour avoir vĂ©cu de l'intĂ©rieur la situation jusqu'Ă il y a quelques mois, cette analyse est partiellement exacte et surtout incomplĂšte pour comprendre comment on en est arrivĂ© lĂ . Je vais faire simple. Outre l'aspect levĂ©e de fond et chiffre d'affaire, de grosses erreurs ont Ă©tĂ© commises au niveau des dĂ©penses. Pour en revenir Ă la fameuse usine d'Amiens, les dĂ©passements de coĂ»t sont les consĂ©quences de mauvais choix comme par exemple Technip. Une masse salariale qui a Ă©tĂ© surdimensionnĂ©e. Ce qui n'a pas empĂȘchĂ© le recours massif aux consultants externes. En somme, une trĂšs mauvaise maitrise des dĂ©penses. L'explication communĂ©ment admise Ă cette gabegie sera que l'entreprise n'a pas su garder la tĂȘte froide. Mais d'autres raisons sont possibles. A l'issu de cette procĂ©dure, les principaux investisseurs donc l'Etat devront demander des comptes et vĂ©rifier si des fautes pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensibles n'ont pas Ă©tĂ© commises. Certains choix qui ne sont rĂ©vĂ©lĂ©s ĂȘtre des erreurs ont Ă©tĂ© bien trop souvent rĂ©pĂ©tĂ©s pour qu'il n'y ait pas eu de conflits d'intĂ©rĂȘt. De mĂȘme pour les BP Ă©tablis de maniĂšre bien optimiste. L'ont-ils Ă©tĂ© fait sciemment pour duper les investisseurs ou par insuffisance professionnel ?
Au delĂ des erreurs ou fautes volontairement commises, il faut garder Ă l'esprit que ce projet industrielle repose sur du vivant. L'Ă©levage d'insectes Ă grande Ă©chelle ne peut pas s'apprĂ©hender comme un vulgaire entrepĂŽt Amazon ou la construction d'automobile Ă©lectrique. Un nombre incalculable d'alĂ©as peuvent survenir et conduire Ă une baisse de la productivitĂ© voire pire. Je pense donc que mĂȘme si le projet avait Ă©tĂ© menĂ© en gardant sa prĂ©sence d'esprit, sans aller jusqu'Ă la dĂ©mesure et en toute probitĂ©, des alĂ©as aurait Ă©tĂ© inĂ©vitables mais probablement plus facile Ă surmonter.
Pour conclure quel avenir pour Ynsect ? Difficile Ă prĂ©dire mais il ne faut pas ĂȘtre divin pour imaginer une Ă©niĂšme restructuration dans les mois voire semaines Ă venir. Avec pour consĂ©quence encore des emplois dĂ©truits voire des sites totalement fermĂ©s.
Le site d'Amiens pourrait quant Ă lui perdurer et atteindre ses objectifs. Le quoi qu'il est coĂ»te pourrait selon moi ĂȘtre appliquĂ© pour sauver ce projet industriel. Il ne faut pas oublier qu'Amiens est la ville natale du chef de l'Etat. Un fiasco dans son fief sera un coup de plus porter Ă son mandant qui ne tient qu'Ă un fil. D'un autre cĂŽtĂ© la politique de rigueur budgĂ©taire du Premier Ministre sera-t-elle compatible ? Je suis perplexe c'est pourquoi la solution d'un repreneur est aussi plus que probable. Ynsect sous pavillon chinois ou amĂ©ricain en 2025 ? Rien ne m'Ă©tonnera aprĂšs avoir pu assister Ă tant d'invraisemblance au cours de mon expĂ©rience chez cette licorne.
Est-qu'une partie de la "bonté" des services de l'état envers Ynsect, avec nos impÎts, ne s'expliquerait pas déjà par le positionnement "stratégique" de cette boite à Amiens ? . Il y a de bonnes raisons de croire que la logique des pouvoirs publique envers les "startup à la française" et souvent plus politique ou administrative que technique ou managériale.
Etonnant que Softbank n'ait pas mis au pot !
J'ai failli mettre Softbank a la place de Pere NoĂ«l đ
A la place il y a Robert Downey JR
Je voulais le mentionnais et j'ai pas trouvĂ© comment le mettre. Parce que c'est quand mĂȘme classe :)
Je comprends, on ne peux pas tout melanger surtout vu que tes references cinematographiques francaises sont au top
AprĂšs avoir Ă©tĂ© placĂ© en redressement judiciaire en mars, puis obtenu in extremis un financement de 10 millions dâeuros en avril, Ynsect vient dâannoncer un plan de sauvegarde de lâemploi. Coup de tonnerre sur lâusine dâAmiens ! LâĂ©levage dâinsectes sera arrĂȘtĂ© au courant de lâĂ©tĂ©. Lâex champion de lâ »Agritech » tricolore invoque des coĂ»ts trop Ă©levĂ©s de fonctionnement.
Ynsect va concentrer ses efforts sur la production de produits Ă partir de larves dâinsectes achetĂ©s auprĂšs de concurrents en France mais aussi Ă lâĂ©tranger.
Un nouveau business plan de 27 millions a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aux investisseurs. Moins ambitieux que les prĂ©cĂ©dents, il aura tout de mĂȘme du mal Ă convaincre. Il demeure encore beaucoup trop dâinconnu et dâhypothĂšses non vĂ©rifiĂ©es.
AprĂšs lâĂ©chec industriel de sa ferme verticale dâAmiens, Ynsect tentera de rebondir avec un nouveau concept dâĂ©levage moins couteux. Pour se faire, le spĂ©cialiste de lâĂ©levage dâinsecte va sâappuyer sur une jeune start-up allemande qui nâa pas encore fait ses preuves : Entosolutions.
Ce nouveau concept dâĂ©levage « made in Germany » plus modeste en volume sâaffranchi de toute automatisation. Le problĂšme est que ce modĂšle nâa pour lâinstant jamais Ă©tĂ© testĂ© Ă lâĂ©chelle industrielle. De plus, Entosolutions promet Ă Ynsect un coĂ»t beaucoup plus faible pour la production dâun kilogramme de larve mais sans certitude.
Beaucoup de salariĂ©s reste dubitatif face Ă cette nouvelle orientation. Plusieurs experts en Ă©levage dâinsectes interrogĂ©s ne comprennent pas quâYnsect puisse remettre son destin entre les mains dâune start-up allemande qui nâa pour lâinstant rien dĂ©montrer. Selon, un entomologiste, Ynsect doit revoir rapidement sa copie pour garantir sa survie.
Aujourdâhui, les fermes-usines verticales nâont plus dâavenir nous confie ce salariĂ© du site dâEvry. Celui-ci affirme sans hĂ©sitation « Le seul modĂšle qui fonctionne actuellement est celui de la sociĂ©tĂ© Invers dont le concept est Ă lâopposĂ© de celui dâYnsect. »
Dans ce contexte, il sera difficile de motiver la trentaine de salariĂ©s restants. Un cadre de lâentreprise rencontrĂ© dans le centre-ville dâAmiens, nous confiait ne plus y croire. Selon lui, tout nouvel investissement ne serait que pure perte. LâEtat sâest dĂ©jĂ beaucoup trop investi Ă travers notamment de BPIFrance. Pour conclure notre entretien, il dĂ©clarait « Comment faire confiance au Comex qui avait artificiellement augmenter lâambition commerciale pour justifier la rentabilitĂ© de lâusine dâAmiens ? » Cela rejoint lâanalyse de Corentin Biteau, prĂ©sident de l'Observatoire national de l'Ă©levage d'insectes qui dĂ©clarait sur « Ici Picardie » : « "Il y a trĂšs certainement eu des erreurs stratĂ©giques. Le fait d'avoir lancĂ© directement une Ă©norme usine juste aprĂšs l'usine pilote. C'Ă©tait effectivement certainement trop ambitieux"
Que va devenir lâĂ©norme usine dâAmiens ? Lâabandon de lâautomatisation conduira-t-il au dĂ©mantĂšlement du site ?
Pour lâinstant, Ynsect Ă©chappe de justesse Ă la liquidation judiciaire qui aurait pu ĂȘtre prononcĂ©e ce lundi 19 mai. Mais ce nâest que partie remise en lâabsence de financement et de projet rĂ©aliste pour lâavenir de la sociĂ©tĂ©.
Bravo pour ce niveau dâinvestigation
Passionnant Ă lire
đ
Contre tout attente, le tribunal d'Evry n'a pas prononcé la liquidation hier. Le juge a probablement était influencé par l'Etat car le nouveau "Business Plan" ne tient pas la route, cela saute au yeux.
Quoi qu'il en soit grĂące aux 10 millions d'Euros que des investisseurs vont apporter Ynsect va pouvoir poursuivre son activitĂ© en restant en pĂ©riode d'observation et donc en redressement. Ceci jusqu'en novembre soit jusqu'Ă Ă©puisement de sa trĂ©sorerie. Ou au delĂ si par miracle le nouveau concept d'Ă©levage est validĂ© (ou les rĂ©sultats falsifiĂ©s...) et si les investisseurs apportent de nouveaux 22M⏠Les investisseurs vont donc pour ainsi dire financer le POC ( proof of concept ) d'Entosolution qui rappelons-le n'a aucune expĂ©rience industriel ni mĂȘme une unitĂ© pilote validant leur mĂ©thode d'Ă©levage. Entosolution est donc le grand gagnant de l'opĂ©ration !
Si Ynsect existera encore au registre du commerce Ă la rentrĂ©e, il s'agit en rĂ©alitĂ© d'une nouvelle entreprise. La majoritĂ© des salariĂ©s qui ont ou avait l'expertise ont ou vont quitter l'entreprise. Le concept de ferme verticale avec production automatisĂ©e qui Ă©tait le symbole de l'entreprise est dĂ©finitivement abandonnĂ© quoiqu'en dise la direction. Selon plusieurs cadres de l'entreprise la remise en service de l'usine et de son systĂšme automatisĂ© aurait un coĂ»t considĂ©rable. Ceci rend son redĂ©marrage peu probable Ă moins d'une multiplication par 10 du coĂ»t de la tonne de protĂ©ines de soja, poisson et poulet d'ici un an. MĂȘme le dernier fondateur emblĂ©matique de la sociĂ©tĂ© quitte le navire cet Ă©tĂ© ce qui traduit bien les perspectives de l'entreprise. Les seules choses qui ne changeront pas ce sont quelques membres du Comex. Plusieurs personnes ayant contribuĂ©es Ă la situation dĂ©sastreuse de l'entreprise resteront fidĂšle Ă leur poste.
La seule explication logique selon moi un sursis d'Ynsect est une intervention politique. Il y a trop dâinvraisemblances pour que les investisseurs remettent au pot et le juge ferme les yeux sur un business plan bancal. Des rumeurs circulent sur le fait que NeslĂ© aurait servi dâintermĂ©diaire pour une intervention politique.
Le 16 juin, le tribunal d'Evry donnera son verdict sur l'avenir d'Ynsect et pourrait annoncer trĂšs vraisemblablement la liquidation. Car mĂȘme si des clients tel que Royal Canin ou NeslĂ© se portent volontaire pour se fournir en produit cela ne garanti rien. Rappelons que lors de la construction de la ferme usine d'Amiens, le carnet de commande Ă©tait plein avec des centaines de tonnes de farine vendues. Ensuite tous les client se sont dĂ©sistĂ©s avec les consĂ©quences que l'on connaĂźt.
Aujourd'hui, aucun investisseur ne s'est positionnĂ© pour remettre au pot alors que Ynsect a besoin de 10 millions d'euros ( 30 millions au total sur 2 ans) pour espĂ©rer convaincre le tribunal dans 6 jours ouvrĂ©s. Selon plusieurs salariĂ©s, personne ne croit au nouveau business plan qui repose sur une jeune start-up allemande qui n'a aucune expĂ©rience industrielle. Cela ne va sĂ»rement pas rassurer les investisseurs. Et c'est peut-ĂȘtre ce qui les Ă©pargnera d'investir Ă nouveau Ă perte. Il faut dire que que la situation financiĂšre n'est guĂšre rassurante avec de nombreuses anomalies comptables, des dĂ©penses imprĂ©vues qui s'envolent, et des procĂšs perdus avec d'anciens salariĂ©s. Ses charges imprĂ©vues pourrait frĂŽler les 2 millions d'euros. De plus, la dette d'Ynsect est insoutenable ! Socialement, les tensions sont Ă son paroxysme. Les salariĂ©s Ă©pargnĂ©s par le PSE veulent quitter le Titanic. Les Ă©changes sont tendus avec la direction ce qui n'augure rien de bon pour la suite. MĂȘme avec 10 millions , Ynsect finira en liquidation Ă l'automne me confiait un cadre de l'entreprise. Avec Ă la clĂ© des condamnations pour certains membres de la direction dont la DAF qui pourrait ĂȘtre inculpĂ©e de dĂ©lit de banqueroute et de fraudes fiscales. Sans oubliĂ© les procĂšs qui seront intentĂ©s par les investisseurs qui ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment dupĂ©s par la direction financiĂšre d'Ynsect.
Pour revenir Ă la phrase de Benjamin de son article du 4 octobre « la boite va finir Ă la casse dans les mois qui viennent. Sans doute avec fracas » , je pense que cette prophĂ©tie est en passe de se rĂ©aliser. Cela ne me rĂ©joui guĂšre mĂȘme si je ne suis plus impliquĂ© dans cette sinistre affaire. Cela aura Ă©tĂ© un immense gĂąchis Ă tout point de vue.
Pour rappel, Ynsect est en procĂ©dure de redressement judiciaire depuis le 24 fĂ©vrier. Un PSE est en cours de prĂ©paration et devrait ĂȘtre la conclusion des deux prĂ©cĂ©dents PDVSE qui ont fait fondre les effectifs comme neige au soleil. Cette fois-ci, les licenciements toucheront tous les sites y compris lâemblĂ©matique usine dâAmiens. Selon des salariĂ©s avec qui je suis restĂ© en contact, ce plan social a pour objectif de rĂ©duire les couts avec une centaine de postes supprimĂ©s. Ainsi, il sera possible dâabaisser le montant de lâinvestissement nĂ©cessaire pour maintenir en vie lâentreprise jusquâĂ un espoir de rentabilitĂ©. Mais quand ? 2028 ? 2029 ? Avec un second PSE ? Un Ă©niĂšme business plan a Ă©tĂ© Ă©tabli avec un nouvel investissement qui serait Ă prĂ©sent de 60 millions environs. Ce dernier remet Ă lâhonneur lâalimentation humaine, un temps Ă©cartĂ© au profit des animaux de compagnie, afin dâaccroitre la profitabilitĂ©. Notez que les derniers BP nâayant pas Ă©tĂ© rĂ©alistes ou du moins assez « sexy » on est en doit de se demander si celui-ci le sera. Celui-ci comme les prĂ©cĂ©dents se base sur des suppositions dâhypothĂšses de scĂ©nario. Mais cela fait toujours la joie des boites de consulting qui facturent Ă prix dâor ce type de prestation « tableau Excel ».
Au sujet des dĂ©penses, selon mes sources, la sociĂ©tĂ© sâest enfin rĂ©signĂ©e Ă traquer les dĂ©penses inutiles ce qui nâavait pas vraiment Ă©tĂ© le cas dans la pĂ©riode de sauvegarde. Mais une telle chasse au gaspillage conduit maintenant Ă pĂ©naliser lâactivitĂ© de lâentreprise sans pour autant faire disparaitre totalement certaines dĂ©penses « de complaisance ». Mes anciens collĂšgues agacĂ©s parlent dâamateurisme. Selon moi, cette dilettante traduit plus le peu de foi quâont les membres du Comex en la pĂ©rennitĂ© de lâentreprise. Ils savent que câest pliĂ© dâavance.
« Le bateau coule, on a dĂ©jĂ les pieds dans lâeau. » Hibertanus - 1969
Depuis des mois, les investisseurs ne se bousculent pas au portillon. Selon mon avis, la situation Ă©conomique française et mondiale ne fera pas inflĂ©chir la tendance dans les prochaines semaines. DâaprĂšs des anciens collĂšgues, plusieurs cadres de lâentreprise partagent cette vision. Le CEO est mĂȘme parti dĂ©but avril en claquant la porte. Il a Ă©tĂ© remplacĂ© par un spĂ©cialiste des entreprises en difficultĂ©. De mĂȘme, le DRH, le responsable communication, le directeur juridique et le responsable propriĂ©tĂ© intellectuelle ont jetĂ© lâĂ©ponge trĂšs rĂ©cemment. Cela ne prĂ©sage rien de bon. On sâachemine lentement mais surement vers une liquidation fin mai au plus tard dĂ©but juin. Le verdict tombera vers le 20 mai aprĂšs une audience au Tribunal qui scellera le destin dâYnsect. Dans le scĂ©nario trĂšs probable dâune liquidation, la majoritĂ© des sites seront fermĂ©s, il reste un mince espoir pour lâusine dâAmiens. Le site appartenant Ă une SCI devrait ĂȘtre Ă©pargnĂ© par une liquidation, en thĂ©orie, mais je peux me tromper. Des rumeurs internes Ă©voquent une solution pour maintenir une activitĂ© minimale un ou deux ans le temps que la situation Ă©conomique sâamĂ©liore. Mais mĂȘme pour ce scĂ©nario de la derniĂšre chance Ă bas coĂ»t, il faudra le soutien bienveillant dâinvestisseur car le cash sera Ă©puisĂ© dĂšs cet Ă©tĂ©. Qui acceptera de remettre au pot ? La rĂ©gion Haut-de-France? Le dĂ©partement de la Somme, BPIfrance ? (deux membres du conseil dâadministration sont de BPI) Peugeot Invest ( deux membres du conseil dâadministration aussi) Soyons fou (quoique...) pourquoi pas un concurrent ? Innovafeed ? Dans ce cas de figure, il faudra encore quâune liquidation avec poursuite dâactivitĂ© soit validĂ© par le Tribunal dâEvry. Ce nâest pas gagnĂ©. Qui sera encore motivĂ© pour travailler dans de telle condition ?
Selon mon ressenti, jâai lâimpression que le site de Dole a probablement encore de lâavenir. Une offre de reprise sĂ©rieuse a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e ce qui devrait permettre de sauver la moitiĂ© des emplois du site. Le projet dont on mâa succinctement parlĂ© semble plus rĂ©aliste, on revient sur du bon sens, de lâefficacitĂ© et du pragmatisme.
Enfin pour les deux autres sites « corporate » et R&D, ils devraient ĂȘtre les premiers sur la liste Ă ĂȘtre supprimĂ©s Ă la rentrĂ©e en cas de PSE avec des mutations Ă Amiens pour les postes « support » prĂ©servĂ©s. Dans lâhypothĂšse dâune liquidation, cela sera plus expĂ©ditif et plus simple avec une fermeture de tous les sites dĂšs cet Ă©tĂ©, sans mutation Ă Amiens mais avec des « one-way-ticket » pour tous chez France Travail.
Mais Ynsect nâaura pas fini de bruler lâargent public. AprĂšs les aides de la rĂ©gion, de la mĂ©tropole, les financements de BPI, de lâANR et jâen oublie, lâEtat devra encore mettre la main Ă la poche ! AGS, CSP puis ARE et jâen passe. Sans parler des « effets de bord » avec les faillites de sous-traitant. Pour conclure, les autres acteurs de la production dâinsectes tel que les « pĂ©pites » Innovafeed et Agronutris pourrait aussi mettre la clĂ© sous la porte lâannĂ©e prochaine entrainĂ©es par lâeffondrement du secteur. Ensuite, Dieu sait jusquâau cette rĂ©action en chaine pourrait mener.
Attendez-vous Ă entendre parler dâYnsect dĂšs la fin mai dans la presse. Cette fois-ci, les articles seront moins Ă©logieux et surtout moins consensuels avec les communicants de la sociĂ©tĂ©. Les langues vont se dĂ©lier parmi les salariĂ©s actuels mais aussi les anciens. La presse qui jusquâici nâa pas rĂ©ussi Ă obtenir de tĂ©moignages aura du grain Ă moudre. Croyez-moi certains auront du « lourd » Ă divulguer !
Benjamin nous fera peut-ĂȘtre Ă lâoccasion de lâofficialisation de la faillite dâYnsect une belle rĂ©trospective de cette aventure hors du commun ?
Ce ne sont pas les premiers Ă faire le CA d'une boulangerie avec des moyens dĂ©ments.. PriceMinister et tant d'autres (Doctolib mĂȘme) font la mĂȘme chose. Il est vrai que les "Licornes" françaises sont spĂ©cialistes du genre. Tout ça vient du fait que les fondateurs sont Ă©duquĂ©s pour avoir comme mĂ©trique le montant des levĂ©es de fonds et pas le CA ni le bĂ©nĂ©fice (Pour eux, la principale source de revenus d'une entreprise est ce qu'elle "lĂšve" pas le bĂ©nĂ©fice ni les clients). Evidemment aussi, c'est bcp + glamour de parler avec des investisseurs et de rĂȘver que de se coltiner les problĂšmes des clients ou la logistique, etc.. AprĂšs, le pire est qu'entre initiĂ©s et amis d'amis, ils arrivent Ă se refiler leurs bouses , Ă en monter artificiellement la valeur et Ă refiler ça ou au pire Ă finir par donner des leçons dans des fonds d'investissements..
Merci, tres instructif, đžđžđžđžđž đȘ° envole toi!
đ
Tâas dĂ©jĂ pensĂ© Ă tâassocier avec un vidĂ©aste pour mettre en image tes articles?
Non, mais c'est un gros travail. Si l'occasion de présente j'y penserai
article vraiment complet et étayé, j'ai ri et appri !
Merci đ
Pour avoir travailler deux ans dans lâusine dâAmiens je confirme beaucoup de parole.
Lâargent Ă Ă©tĂ© gaspillĂ© pour des choses dĂ©plorable.
Mais Ă coter de cela on est venu nous demander de faire des semaines et week-end dâastreinte pour 90⏠la semaine, pour ĂȘtre appelĂ© toute les nuits pour des problĂšmes ridicules et complĂ©ment debile puisse que pas un kg ne sortais de lâusine.
Malheureusement je suis content dâĂȘtre parti
Ce qui ne devrais jamais ĂȘtre le cas
Pour avoir vĂ©cu de l'intĂ©rieur la situation jusqu'Ă il y a quelques mois, cette analyse est partiellement exacte et surtout incomplĂšte pour comprendre comment on en est arrivĂ© lĂ . Je vais faire simple. Outre l'aspect levĂ©e de fond et chiffre d'affaire, de grosses erreurs ont Ă©tĂ© commises au niveau des dĂ©penses. Pour en revenir Ă la fameuse usine d'Amiens, les dĂ©passements de coĂ»t sont les consĂ©quences de mauvais choix comme par exemple Technip. Une masse salariale qui a Ă©tĂ© surdimensionnĂ©e. Ce qui n'a pas empĂȘchĂ© le recours massif aux consultants externes. En somme, une trĂšs mauvaise maitrise des dĂ©penses. L'explication communĂ©ment admise Ă cette gabegie sera que l'entreprise n'a pas su garder la tĂȘte froide. Mais d'autres raisons sont possibles. A l'issu de cette procĂ©dure, les principaux investisseurs donc l'Etat devront demander des comptes et vĂ©rifier si des fautes pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensibles n'ont pas Ă©tĂ© commises. Certains choix qui ne sont rĂ©vĂ©lĂ©s ĂȘtre des erreurs ont Ă©tĂ© bien trop souvent rĂ©pĂ©tĂ©s pour qu'il n'y ait pas eu de conflits d'intĂ©rĂȘt. De mĂȘme pour les BP Ă©tablis de maniĂšre bien optimiste. L'ont-ils Ă©tĂ© fait sciemment pour duper les investisseurs ou par insuffisance professionnel ?
Au delĂ des erreurs ou fautes volontairement commises, il faut garder Ă l'esprit que ce projet industrielle repose sur du vivant. L'Ă©levage d'insectes Ă grande Ă©chelle ne peut pas s'apprĂ©hender comme un vulgaire entrepĂŽt Amazon ou la construction d'automobile Ă©lectrique. Un nombre incalculable d'alĂ©as peuvent survenir et conduire Ă une baisse de la productivitĂ© voire pire. Je pense donc que mĂȘme si le projet avait Ă©tĂ© menĂ© en gardant sa prĂ©sence d'esprit, sans aller jusqu'Ă la dĂ©mesure et en toute probitĂ©, des alĂ©as aurait Ă©tĂ© inĂ©vitables mais probablement plus facile Ă surmonter.
Pour conclure quel avenir pour Ynsect ? Difficile Ă prĂ©dire mais il ne faut pas ĂȘtre divin pour imaginer une Ă©niĂšme restructuration dans les mois voire semaines Ă venir. Avec pour consĂ©quence encore des emplois dĂ©truits voire des sites totalement fermĂ©s.
Le site d'Amiens pourrait quant Ă lui perdurer et atteindre ses objectifs. Le quoi qu'il est coĂ»te pourrait selon moi ĂȘtre appliquĂ© pour sauver ce projet industriel. Il ne faut pas oublier qu'Amiens est la ville natale du chef de l'Etat. Un fiasco dans son fief sera un coup de plus porter Ă son mandant qui ne tient qu'Ă un fil. D'un autre cĂŽtĂ© la politique de rigueur budgĂ©taire du Premier Ministre sera-t-elle compatible ? Je suis perplexe c'est pourquoi la solution d'un repreneur est aussi plus que probable. Ynsect sous pavillon chinois ou amĂ©ricain en 2025 ? Rien ne m'Ă©tonnera aprĂšs avoir pu assister Ă tant d'invraisemblance au cours de mon expĂ©rience chez cette licorne.
Est-qu'une partie de la "bonté" des services de l'état envers Ynsect, avec nos impÎts, ne s'expliquerait pas déjà par le positionnement "stratégique" de cette boite à Amiens ? . Il y a de bonnes raisons de croire que la logique des pouvoirs publique envers les "startup à la française" et souvent plus politique ou administrative que technique ou managériale.
Etonnant que Softbank n'ait pas mis au pot !
J'ai failli mettre Softbank a la place de Pere NoĂ«l đ
A la place il y a Robert Downey JR
Je voulais le mentionnais et j'ai pas trouvĂ© comment le mettre. Parce que c'est quand mĂȘme classe :)
Je comprends, on ne peux pas tout melanger surtout vu que tes references cinematographiques francaises sont au top
AprĂšs avoir Ă©tĂ© placĂ© en redressement judiciaire en mars, puis obtenu in extremis un financement de 10 millions dâeuros en avril, Ynsect vient dâannoncer un plan de sauvegarde de lâemploi. Coup de tonnerre sur lâusine dâAmiens ! LâĂ©levage dâinsectes sera arrĂȘtĂ© au courant de lâĂ©tĂ©. Lâex champion de lâ »Agritech » tricolore invoque des coĂ»ts trop Ă©levĂ©s de fonctionnement.
Ynsect va concentrer ses efforts sur la production de produits Ă partir de larves dâinsectes achetĂ©s auprĂšs de concurrents en France mais aussi Ă lâĂ©tranger.
Un nouveau business plan de 27 millions a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aux investisseurs. Moins ambitieux que les prĂ©cĂ©dents, il aura tout de mĂȘme du mal Ă convaincre. Il demeure encore beaucoup trop dâinconnu et dâhypothĂšses non vĂ©rifiĂ©es.
AprĂšs lâĂ©chec industriel de sa ferme verticale dâAmiens, Ynsect tentera de rebondir avec un nouveau concept dâĂ©levage moins couteux. Pour se faire, le spĂ©cialiste de lâĂ©levage dâinsecte va sâappuyer sur une jeune start-up allemande qui nâa pas encore fait ses preuves : Entosolutions.
Ce nouveau concept dâĂ©levage « made in Germany » plus modeste en volume sâaffranchi de toute automatisation. Le problĂšme est que ce modĂšle nâa pour lâinstant jamais Ă©tĂ© testĂ© Ă lâĂ©chelle industrielle. De plus, Entosolutions promet Ă Ynsect un coĂ»t beaucoup plus faible pour la production dâun kilogramme de larve mais sans certitude.
Beaucoup de salariĂ©s reste dubitatif face Ă cette nouvelle orientation. Plusieurs experts en Ă©levage dâinsectes interrogĂ©s ne comprennent pas quâYnsect puisse remettre son destin entre les mains dâune start-up allemande qui nâa pour lâinstant rien dĂ©montrer. Selon, un entomologiste, Ynsect doit revoir rapidement sa copie pour garantir sa survie.
Aujourdâhui, les fermes-usines verticales nâont plus dâavenir nous confie ce salariĂ© du site dâEvry. Celui-ci affirme sans hĂ©sitation « Le seul modĂšle qui fonctionne actuellement est celui de la sociĂ©tĂ© Invers dont le concept est Ă lâopposĂ© de celui dâYnsect. »
Dans ce contexte, il sera difficile de motiver la trentaine de salariĂ©s restants. Un cadre de lâentreprise rencontrĂ© dans le centre-ville dâAmiens, nous confiait ne plus y croire. Selon lui, tout nouvel investissement ne serait que pure perte. LâEtat sâest dĂ©jĂ beaucoup trop investi Ă travers notamment de BPIFrance. Pour conclure notre entretien, il dĂ©clarait « Comment faire confiance au Comex qui avait artificiellement augmenter lâambition commerciale pour justifier la rentabilitĂ© de lâusine dâAmiens ? » Cela rejoint lâanalyse de Corentin Biteau, prĂ©sident de l'Observatoire national de l'Ă©levage d'insectes qui dĂ©clarait sur « Ici Picardie » : « "Il y a trĂšs certainement eu des erreurs stratĂ©giques. Le fait d'avoir lancĂ© directement une Ă©norme usine juste aprĂšs l'usine pilote. C'Ă©tait effectivement certainement trop ambitieux"
Que va devenir lâĂ©norme usine dâAmiens ? Lâabandon de lâautomatisation conduira-t-il au dĂ©mantĂšlement du site ?
Pour lâinstant, Ynsect Ă©chappe de justesse Ă la liquidation judiciaire qui aurait pu ĂȘtre prononcĂ©e ce lundi 19 mai. Mais ce nâest que partie remise en lâabsence de financement et de projet rĂ©aliste pour lâavenir de la sociĂ©tĂ©.
Bravo pour ce niveau dâinvestigation
Passionnant Ă lire
đ
Contre tout attente, le tribunal d'Evry n'a pas prononcé la liquidation hier. Le juge a probablement était influencé par l'Etat car le nouveau "Business Plan" ne tient pas la route, cela saute au yeux.
Quoi qu'il en soit grĂące aux 10 millions d'Euros que des investisseurs vont apporter Ynsect va pouvoir poursuivre son activitĂ© en restant en pĂ©riode d'observation et donc en redressement. Ceci jusqu'en novembre soit jusqu'Ă Ă©puisement de sa trĂ©sorerie. Ou au delĂ si par miracle le nouveau concept d'Ă©levage est validĂ© (ou les rĂ©sultats falsifiĂ©s...) et si les investisseurs apportent de nouveaux 22M⏠Les investisseurs vont donc pour ainsi dire financer le POC ( proof of concept ) d'Entosolution qui rappelons-le n'a aucune expĂ©rience industriel ni mĂȘme une unitĂ© pilote validant leur mĂ©thode d'Ă©levage. Entosolution est donc le grand gagnant de l'opĂ©ration !
Si Ynsect existera encore au registre du commerce Ă la rentrĂ©e, il s'agit en rĂ©alitĂ© d'une nouvelle entreprise. La majoritĂ© des salariĂ©s qui ont ou avait l'expertise ont ou vont quitter l'entreprise. Le concept de ferme verticale avec production automatisĂ©e qui Ă©tait le symbole de l'entreprise est dĂ©finitivement abandonnĂ© quoiqu'en dise la direction. Selon plusieurs cadres de l'entreprise la remise en service de l'usine et de son systĂšme automatisĂ© aurait un coĂ»t considĂ©rable. Ceci rend son redĂ©marrage peu probable Ă moins d'une multiplication par 10 du coĂ»t de la tonne de protĂ©ines de soja, poisson et poulet d'ici un an. MĂȘme le dernier fondateur emblĂ©matique de la sociĂ©tĂ© quitte le navire cet Ă©tĂ© ce qui traduit bien les perspectives de l'entreprise. Les seules choses qui ne changeront pas ce sont quelques membres du Comex. Plusieurs personnes ayant contribuĂ©es Ă la situation dĂ©sastreuse de l'entreprise resteront fidĂšle Ă leur poste.
La seule explication logique selon moi un sursis d'Ynsect est une intervention politique. Il y a trop dâinvraisemblances pour que les investisseurs remettent au pot et le juge ferme les yeux sur un business plan bancal. Des rumeurs circulent sur le fait que NeslĂ© aurait servi dâintermĂ©diaire pour une intervention politique.
Le 16 juin, le tribunal d'Evry donnera son verdict sur l'avenir d'Ynsect et pourrait annoncer trĂšs vraisemblablement la liquidation. Car mĂȘme si des clients tel que Royal Canin ou NeslĂ© se portent volontaire pour se fournir en produit cela ne garanti rien. Rappelons que lors de la construction de la ferme usine d'Amiens, le carnet de commande Ă©tait plein avec des centaines de tonnes de farine vendues. Ensuite tous les client se sont dĂ©sistĂ©s avec les consĂ©quences que l'on connaĂźt.
Aujourd'hui, aucun investisseur ne s'est positionnĂ© pour remettre au pot alors que Ynsect a besoin de 10 millions d'euros ( 30 millions au total sur 2 ans) pour espĂ©rer convaincre le tribunal dans 6 jours ouvrĂ©s. Selon plusieurs salariĂ©s, personne ne croit au nouveau business plan qui repose sur une jeune start-up allemande qui n'a aucune expĂ©rience industrielle. Cela ne va sĂ»rement pas rassurer les investisseurs. Et c'est peut-ĂȘtre ce qui les Ă©pargnera d'investir Ă nouveau Ă perte. Il faut dire que que la situation financiĂšre n'est guĂšre rassurante avec de nombreuses anomalies comptables, des dĂ©penses imprĂ©vues qui s'envolent, et des procĂšs perdus avec d'anciens salariĂ©s. Ses charges imprĂ©vues pourrait frĂŽler les 2 millions d'euros. De plus, la dette d'Ynsect est insoutenable ! Socialement, les tensions sont Ă son paroxysme. Les salariĂ©s Ă©pargnĂ©s par le PSE veulent quitter le Titanic. Les Ă©changes sont tendus avec la direction ce qui n'augure rien de bon pour la suite. MĂȘme avec 10 millions , Ynsect finira en liquidation Ă l'automne me confiait un cadre de l'entreprise. Avec Ă la clĂ© des condamnations pour certains membres de la direction dont la DAF qui pourrait ĂȘtre inculpĂ©e de dĂ©lit de banqueroute et de fraudes fiscales. Sans oubliĂ© les procĂšs qui seront intentĂ©s par les investisseurs qui ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment dupĂ©s par la direction financiĂšre d'Ynsect.
Pour revenir Ă la phrase de Benjamin de son article du 4 octobre « la boite va finir Ă la casse dans les mois qui viennent. Sans doute avec fracas » , je pense que cette prophĂ©tie est en passe de se rĂ©aliser. Cela ne me rĂ©joui guĂšre mĂȘme si je ne suis plus impliquĂ© dans cette sinistre affaire. Cela aura Ă©tĂ© un immense gĂąchis Ă tout point de vue.
Pour rappel, Ynsect est en procĂ©dure de redressement judiciaire depuis le 24 fĂ©vrier. Un PSE est en cours de prĂ©paration et devrait ĂȘtre la conclusion des deux prĂ©cĂ©dents PDVSE qui ont fait fondre les effectifs comme neige au soleil. Cette fois-ci, les licenciements toucheront tous les sites y compris lâemblĂ©matique usine dâAmiens. Selon des salariĂ©s avec qui je suis restĂ© en contact, ce plan social a pour objectif de rĂ©duire les couts avec une centaine de postes supprimĂ©s. Ainsi, il sera possible dâabaisser le montant de lâinvestissement nĂ©cessaire pour maintenir en vie lâentreprise jusquâĂ un espoir de rentabilitĂ©. Mais quand ? 2028 ? 2029 ? Avec un second PSE ? Un Ă©niĂšme business plan a Ă©tĂ© Ă©tabli avec un nouvel investissement qui serait Ă prĂ©sent de 60 millions environs. Ce dernier remet Ă lâhonneur lâalimentation humaine, un temps Ă©cartĂ© au profit des animaux de compagnie, afin dâaccroitre la profitabilitĂ©. Notez que les derniers BP nâayant pas Ă©tĂ© rĂ©alistes ou du moins assez « sexy » on est en doit de se demander si celui-ci le sera. Celui-ci comme les prĂ©cĂ©dents se base sur des suppositions dâhypothĂšses de scĂ©nario. Mais cela fait toujours la joie des boites de consulting qui facturent Ă prix dâor ce type de prestation « tableau Excel ».
Au sujet des dĂ©penses, selon mes sources, la sociĂ©tĂ© sâest enfin rĂ©signĂ©e Ă traquer les dĂ©penses inutiles ce qui nâavait pas vraiment Ă©tĂ© le cas dans la pĂ©riode de sauvegarde. Mais une telle chasse au gaspillage conduit maintenant Ă pĂ©naliser lâactivitĂ© de lâentreprise sans pour autant faire disparaitre totalement certaines dĂ©penses « de complaisance ». Mes anciens collĂšgues agacĂ©s parlent dâamateurisme. Selon moi, cette dilettante traduit plus le peu de foi quâont les membres du Comex en la pĂ©rennitĂ© de lâentreprise. Ils savent que câest pliĂ© dâavance.
« Le bateau coule, on a dĂ©jĂ les pieds dans lâeau. » Hibertanus - 1969
Depuis des mois, les investisseurs ne se bousculent pas au portillon. Selon mon avis, la situation Ă©conomique française et mondiale ne fera pas inflĂ©chir la tendance dans les prochaines semaines. DâaprĂšs des anciens collĂšgues, plusieurs cadres de lâentreprise partagent cette vision. Le CEO est mĂȘme parti dĂ©but avril en claquant la porte. Il a Ă©tĂ© remplacĂ© par un spĂ©cialiste des entreprises en difficultĂ©. De mĂȘme, le DRH, le responsable communication, le directeur juridique et le responsable propriĂ©tĂ© intellectuelle ont jetĂ© lâĂ©ponge trĂšs rĂ©cemment. Cela ne prĂ©sage rien de bon. On sâachemine lentement mais surement vers une liquidation fin mai au plus tard dĂ©but juin. Le verdict tombera vers le 20 mai aprĂšs une audience au Tribunal qui scellera le destin dâYnsect. Dans le scĂ©nario trĂšs probable dâune liquidation, la majoritĂ© des sites seront fermĂ©s, il reste un mince espoir pour lâusine dâAmiens. Le site appartenant Ă une SCI devrait ĂȘtre Ă©pargnĂ© par une liquidation, en thĂ©orie, mais je peux me tromper. Des rumeurs internes Ă©voquent une solution pour maintenir une activitĂ© minimale un ou deux ans le temps que la situation Ă©conomique sâamĂ©liore. Mais mĂȘme pour ce scĂ©nario de la derniĂšre chance Ă bas coĂ»t, il faudra le soutien bienveillant dâinvestisseur car le cash sera Ă©puisĂ© dĂšs cet Ă©tĂ©. Qui acceptera de remettre au pot ? La rĂ©gion Haut-de-France? Le dĂ©partement de la Somme, BPIfrance ? (deux membres du conseil dâadministration sont de BPI) Peugeot Invest ( deux membres du conseil dâadministration aussi) Soyons fou (quoique...) pourquoi pas un concurrent ? Innovafeed ? Dans ce cas de figure, il faudra encore quâune liquidation avec poursuite dâactivitĂ© soit validĂ© par le Tribunal dâEvry. Ce nâest pas gagnĂ©. Qui sera encore motivĂ© pour travailler dans de telle condition ?
Selon mon ressenti, jâai lâimpression que le site de Dole a probablement encore de lâavenir. Une offre de reprise sĂ©rieuse a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e ce qui devrait permettre de sauver la moitiĂ© des emplois du site. Le projet dont on mâa succinctement parlĂ© semble plus rĂ©aliste, on revient sur du bon sens, de lâefficacitĂ© et du pragmatisme.
Enfin pour les deux autres sites « corporate » et R&D, ils devraient ĂȘtre les premiers sur la liste Ă ĂȘtre supprimĂ©s Ă la rentrĂ©e en cas de PSE avec des mutations Ă Amiens pour les postes « support » prĂ©servĂ©s. Dans lâhypothĂšse dâune liquidation, cela sera plus expĂ©ditif et plus simple avec une fermeture de tous les sites dĂšs cet Ă©tĂ©, sans mutation Ă Amiens mais avec des « one-way-ticket » pour tous chez France Travail.
Mais Ynsect nâaura pas fini de bruler lâargent public. AprĂšs les aides de la rĂ©gion, de la mĂ©tropole, les financements de BPI, de lâANR et jâen oublie, lâEtat devra encore mettre la main Ă la poche ! AGS, CSP puis ARE et jâen passe. Sans parler des « effets de bord » avec les faillites de sous-traitant. Pour conclure, les autres acteurs de la production dâinsectes tel que les « pĂ©pites » Innovafeed et Agronutris pourrait aussi mettre la clĂ© sous la porte lâannĂ©e prochaine entrainĂ©es par lâeffondrement du secteur. Ensuite, Dieu sait jusquâau cette rĂ©action en chaine pourrait mener.
Attendez-vous Ă entendre parler dâYnsect dĂšs la fin mai dans la presse. Cette fois-ci, les articles seront moins Ă©logieux et surtout moins consensuels avec les communicants de la sociĂ©tĂ©. Les langues vont se dĂ©lier parmi les salariĂ©s actuels mais aussi les anciens. La presse qui jusquâici nâa pas rĂ©ussi Ă obtenir de tĂ©moignages aura du grain Ă moudre. Croyez-moi certains auront du « lourd » Ă divulguer !
Benjamin nous fera peut-ĂȘtre Ă lâoccasion de lâofficialisation de la faillite dâYnsect une belle rĂ©trospective de cette aventure hors du commun ?
Ce ne sont pas les premiers Ă faire le CA d'une boulangerie avec des moyens dĂ©ments.. PriceMinister et tant d'autres (Doctolib mĂȘme) font la mĂȘme chose. Il est vrai que les "Licornes" françaises sont spĂ©cialistes du genre. Tout ça vient du fait que les fondateurs sont Ă©duquĂ©s pour avoir comme mĂ©trique le montant des levĂ©es de fonds et pas le CA ni le bĂ©nĂ©fice (Pour eux, la principale source de revenus d'une entreprise est ce qu'elle "lĂšve" pas le bĂ©nĂ©fice ni les clients). Evidemment aussi, c'est bcp + glamour de parler avec des investisseurs et de rĂȘver que de se coltiner les problĂšmes des clients ou la logistique, etc.. AprĂšs, le pire est qu'entre initiĂ©s et amis d'amis, ils arrivent Ă se refiler leurs bouses , Ă en monter artificiellement la valeur et Ă refiler ça ou au pire Ă finir par donner des leçons dans des fonds d'investissements..
Merci, tres instructif, đžđžđžđžđž đȘ° envole toi!
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Tâas dĂ©jĂ pensĂ© Ă tâassocier avec un vidĂ©aste pour mettre en image tes articles?
Non, mais c'est un gros travail. Si l'occasion de présente j'y penserai
article vraiment complet et étayé, j'ai ri et appri !
Merci đ
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