💥 Akka : l'étonnant nouvel acteur du late stage
Ou comment le crowdequity se renouvelle ?
Bonjour,
Nous aurions été très fiers de vous présenter ici l’immense enquête d’1H15 sur Legend, Guillaume Pley et Matthias Baccino sur YouTube, où intervient le rédac chef de Zero Bullshit et du Brief Patrimonial, mais il se trouve qu’un membre de leur équipe a censuré le reportage de TPZ, qui reviendra en ligne rapidement. Il arrive un an après une première enquête de Zero Bullshit, quelques semaines après une longue enquête du Monde, et juste avant qu’un média national publie dans les heures à venir une autre enquête très fouillée sur l’animateur et son associé sarkozyste Manuel Diaz, lui-même frère du très libéral Carlos Diaz, investisseur dans Le Crayon qui est désormais membre de l’écurie Influx/Diaz/Pley. On y reviendra peut-être un jour.
Mais aujourd’hui c’est le premier épisode d’une probablement série sur le late stage et ses acteurs, qui pourrait s’éterniser si chacun contribue à donner quelques infos :)
Bonne lecture
Note conflit d’intérêts
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🎙️Le Grand Blond avec un micro-cravate noir
« Est-ce qu’investir 100€ par mois en bourse va vraiment te rendre riche ? Voyons ça ensemble. »
Le jeune homme qui pose la question est blond, la vingtaine à peine. Derrière lui, un décor de loft incrusté à peu près aussi bien qu’une bibliothèque Marie Claire dans un fond de type Zoom-période-Covid. Dans ses mains, le petit micro sans fil que tous les influenceurs tripotent depuis qu’ils ont perdu le deuxième mot de « micro-cravate ».
La démonstration est rodée. Le S&P 500 a rapporté environ 10% par an sur les 30 dernières années. 100€ par mois à partir de 18 ans, ça fait environ 20K€ au bout de 10 ans, 76K€ au bout de 20, 637K€ au bout de 40. L’AMF lui pardonnera de ne avoir précisé que les performances passées ouinouin performances futures.
« À 58 ans, avoir 637K€, c’est déjà une très belle somme. »
Et soudain, c’est le drame.
« Mais voici ce que beaucoup ne te disent pas. Les personnes ayant investi 10K€ sur Airbnb avant son introduction en bourse ont parfois vu leur investissement atteindre 600K€. »
Uber, pareil. Anthropic, pareil.
« Des multiples que le S&P 500 n’atteindra presque jamais ».
La différence ne viendrait pas de la régularité de l’investissement, mais du « véhicule choisi ».
C’est sa 4e vidéo. Le compte TikTok a 1 semaine. La première expliquait que 1K€ investis sur SpaceX en 2002 vaudraient « la modique somme de 12G€ ».
De loin, la vidéo ressemble à des centaines d’autres. 3 minutes de recette, puis la formule que tout le monde récite : « ceci n’est pas un conseil en investissement », « toujours faire tes propres recherches avant d’investir ». Nulle part à l’écran, la mention d’un partenariat commercial.
Sauf qu’à la fin, il cite une société. Une société qui « analyse des milliers de start-ups chaque année et n’en retient qu’une poignée », où « l’investissement peut commencer à partir de quelques centaines d’euros ». Dans sa bio, un lien vers elle. Le lien porte un identifiant de suivi, et l’identifiant ne désigne pas la société. Il le désigne, lui.
🍗L’Aile ou la Cuisse
L’épargne est une question de mode. Certains parleront de cycle. Un cycle répond à une phase économique. Les produits vendus au retail, eux, répondent d’abord à des logiques marketing. Non pas que le marketing soit un crime, il faut bien vendre. Mais les classes d’actifs surfent sur des vagues publicitaires pour capter l’attention et l’épargne du retail.
Autour des années 2010, une bascule s’est faite. Internet. Qui existait 20 ans avant, évidemment, avec un taux de pénétration déjà massif. Ce qui a changé est ailleurs : internet a cessé d’être un outil pour devenir une fenêtre vers des outils. Le moment où le mot est devenu ce qu’est « IA » maintenant, un fourre-tout collé sur des tas de trucs qui n’ont rien à voir.
Le mobile a fait le reste. En 2009, BNP lance la première application bancaire française, Les bons comptes, suivie par la Société Générale, puis par tout le monde en 3 ans. Les banques en ligne, elles, étaient là depuis longtemps (Boursorama dès 1998, Fortuneo en 2000, d’abord en courtier, ING en 2000 avec un livret), mais c’est cette décennie-là qui installe la confiance. Et c’est précisément sur cette confiance que naissent les futures fintechs, dont Lydia (2017), devenue entre temps une antonomase, et toute la galaxie de ceux qui ont, comme ils disent, digitalisé l’épargne.
Yomoni en tête dès 2015 avec son assurance-vie pilotée, double rupture sur l’expérience client et sur les frais, rejointe par Nalo en 2017. Depuis, les fintechs poussent comme des écoles de commerce, et fanent souvent aussi vite : le nerf de la guerre reste l’acquisition, entre 20 et 250€ le client selon les profils et les montants. Un coût qui a tué les petits, poussé les gros à des dépenses pharaoniques (Trade Republic) et repositionné les autres sur le B2B2C (OpenStone, Shares). Ce qui, avec le recul, est assez drôle : plusieurs acteurs qui ont bâti leur discours contre les intermédiaires reposent aujourd’hui quasi exclusivement sur des distributeurs historiques, CGP et family offices, pour toucher le retail.
Globalement, les fintechs ont forcé le marché à s’aligner, sur les frais comme sur l’accessibilité. À l’exception notable de BPCE, toutes les grandes banques ont lancé leur offre en ligne, avec plus (Boursobank) ou moins (Bforbank) de succès. L’exemple typique reste le virement instantané : natif chez Lydia dès son lancement, largement poussé par Revolut et N26, « offert » par les banques en 2024, quand la loi allait les y obliger. Le système était prêt depuis le lancement de Target 2 en 2007.
Puis est venue l’accessibilité, ce que les pros appellent la retailisation : vendre à des particuliers des produits réservés aux riches ou aux professionnels. Selon la façon de lire la réglementation et les mots employés, c’est plus ou moins légal. Parce qu’au sens de MIF 2, un investisseur professionnel répond à des critères précis, un non-professionnel aussi, et il est interdit de leur parler de la même façon, avec les mêmes agréments, ou de leur refourguer les mêmes produits1.
Le discours, lui, est toujours le même :
ton banquier te ment, il te refourgue des produits nuls sur lesquels il se gave en commissions ;
les riches ont accès à des placements auxquels t’as pas accès, faute d’argent ou de réseau, et ce sont ceux-là qui rapportent le plus.
Ces constats sont, schématiquement et en exagérant, plutôt vrais. La conclusion, elle, tient du sophisme.
« Donc je vais te rendre ces produits accessibles, et donc tu vas pouvoir t’enrichir comme les riches »
Ce qui est factuellement faux.
Chez BlackRock, le plus gros fonds crédit affiche 250K$ minimum. Le buyout chez KKR, 1M$. Être LP chez CVC, entre 2 et 5M$. Sur certains fonds auxquels ces plateformes donnent accès, le ticket minimum monte même entre 10 et 20M€. Pour des raisons réglementaires, et parce que le gérant n’a aucune envie de gérer une armée de particuliers qu’il juge incapables de comprendre. Le modèle d’OpenStone : acheter une part de ces fonds, la découper en morceaux, et vendre les morceaux. Du private equity, notamment immo, signé Ares, EQT ou Carlyle à partir de 30K€2.
Le prix du découpage, lui, n’est pas forcément simple à comprendre. La structure est toujours la même : une couche de frais de la plateforme, droits d’entrée, gestion annuelle du véhicule, parfois une part de la performance, posée par-dessus ceux du fonds sous-jacent, qui prélève déjà sa gestion et son carry. Ce qui est donc logiquement le prix du service rendu. Le blog d’OpenStone annonce des droits d’entrée « entre 0 et 2% »3 confirmé par l’un des dirigeants, quand un avis extérieur relevait plutôt 5% sur un produit distribué en 20244. Deux chiffres possiblement compatibles précisément pour la raison indiquée : le premier est la rémunération de la plateforme, le second ceux du produit et ce qu’il y a dedans, au global.
Dans le détail, la couche annuelle d’une plateforme de ce type tourne autour de 1 à 1,25%, dont 0,35 à 0,5% reviennent à la société de gestion partenaire, avec 0,75% de plus reversés au CGP quand le produit passe par un conseiller. Sur un fonds infrastructure, la ponction descend plutôt vers 0,75%.
Cela dit, découpage n’est pas tout à fait le mot juste : sur certaines plateformes le véhicule n’est ni un feeder ni un fonds fermé, mais une gestion active qui regroupe plusieurs fonds choisis pour être complémentaires en géographie, en taille de société et en secteur, là où un feeder duplique un seul sous-jacent. Les couches s’additionnent quand même : jusqu’à 2% par an chez le distributeur, avant le moindre euro de frais du fonds sous-jacent. Sur un produit bloqué 8 ans, ça fait 16% du capital pour le seul intermédiaire.
Mais bon, rien d’anormal. Le private equity immo ou un fonds LBO, c’est pas vraiment sexy. Mais l’investissement late stage, lui, ne markete pas le produit. Ni même les noms gérants connus des initiés. Il met en avant le produit final. Epic Games. OpenAI. Anthropic. SpaceX. Des investissements fermés à la fois parce qu’ils sont complexes, mais aussi et surtout parce que la demande est grande, et les poches d’investissements pas extensibles à l’inverse.
Ce qui amène une question.
Imagine que tu tiennes l’opportunité du siècle. Un gain certain. Genre investir dans Zero Bullshit, et donc faire un x1000 en 18 mois5. Tu en fais profiter un pote. Mais pourquoi la partager avec des tas d’inconnus ? Le raisonnement a une limite : s’il y a 1M€ à placer et que chacun n’a que 100K€, autant réunir la somme à plusieurs.
Parce que c’est exactement la question que tout le monde devrait se poser sur le private equity late stage. Pourquoi quelqu’un cède sa place ?
🤩La Folie des grandeurs
Les marketeux ont eu leur période « disruptive » il y a 15 ans. Les financiers ont eu l’âge d’or de la blockchain, puis des NFT, la tokenisation, le crowdfunding immobilier, le crowdequity, les produits structurés. À chaque fois, le marché se retourne, le retail se dit que c’est pas de bol pour cette fois, et les pros savent évidemment qu’ils n’ont pas vendu les produits que les riches, les banquiers et les reptiliens achètent. Quand le dernier produit structuré Stellantis a fini de faire perdre le dernier milliard, il a fallu trouver la nouvelle martingale pour grailler des frais. E que s’apelerio Quézac le late stage.
Toutes opérations secondaires confondues, reventes de portefeuilles entre fonds comprises, les volumes mondiaux ont atteint 200 à 240G$ en 2025, en hausse d’environ 50% sur un an, et devraient dépasser 250G$ cette année6. Combien là-dedans relève de l’achat d’actions d’une société plutôt que de parts de fonds ? Aucune ventilation publique ne circule.
💡 Trois mots, trois choses différentes
Late stage désigne un stade de la vie d’une société, pas une opération : une boîte déjà mûre, valorisée en G$, qui lève de gros tours. Un investissement late stage peut être primaire ou secondaire.
Primaire : la société émet de nouvelles actions et encaisse l’argent. L’épargnant finance l’entreprise.
Secondaire : des actions existantes changent de main. L’argent va au vendeur. La société ne touche rien, et n’a pas toujours son mot à dire.
Pre-IPO ne désigne rien juridiquement. C’est un argument de vente, qui suppose une introduction en bourse dont personne ne garantit ni la date ni le prix.
Dernière confusion, la plus commode : dans le jargon du private equity, un fonds secondaire achète des parts de fonds à d’autres investisseurs. Ça n’a rien à voir avec l’achat d’actions d’une société. Les 2 se vendent pourtant sous le même mot.
La promesse retail est simple : investir dans une grosse scaleup sur le point de faire son IPO, et empocher une fois la cloche sonnée. Le discours de vente l’est encore plus : des boîtes hyper connues qui n’ont plus besoin d’être marketées, un risque quasi inexistant puisque tout le monde a déjà investi dedans, et une IPO toute proche.
Les détails, eux, le sont beaucoup moins : si c’est l’affaire du siècle, pourquoi celui qui a investi il y a 2 tours voudrait sortir maintenant, en passant par 4, 5, 6 voire 7 intermédiaires ?
Tout est dans la nuance que le marketing avale.
Ces opportunités existent, et ce n’est pas une hérésie en soi. Les premiers investisseurs de SpaceX ou d’Uber ont attendu plus de 10 ans avant de voir l’ombre d’une IPO, avec le risque que tout dégringole entre temps. Sortir au calme, dans des conditions saines, parce qu’un besoin de liquidité se présente, n’a rien d’un délire.
Ce qui l’est un peu plus, ce sont les frais. Parce qu’ils sont globalement illisibles.
Reprenons SpaceX. Le deal avait été annoncé dans le club d’Hakim Benotmane. Étonnamment, c’est l’une des annonces qui lui a valu le plus de procès en mytho... alors qu’elle était parfaitement crédible. Et surtout vraie : il avait bien sécurisé une poche. Restait à comprendre les conditions.
Le vendeur, un professionnel à qui Zero Bullshit a pu parler mais qui a refusé de témoigner publiquement, était entré en 2023 dans la série J, 1,9G$ levés sur environ 48G$ de valo. Pas en direct à la cap table : via un SPV, qui n’était d’ailleurs pas celui d’a16z, lead du tour.
Mais alors, que vend exactement Hakim à ses membres ? Eh bien le vendeur colle ses parts dans un autre SPV, celui d’une plateforme qui centralise des opérations secondaires, qui a elle-même un intermédiaire en Europe, qui a vendu le deal à Hakim, qui le revend à ses membres, en passant par un PSI en France, qui aurait dû être Equisafe. Le nombre d’intermédiaires sur ce deal est proche du nombre de licornes réelles qui restent en France : 5.
Quant à savoir qui prend combien... disons qu’il est plus simple de compter les founders qui ont vraiment gagné de l’argent après un exit que de déterminer les frais réels. En partie à cause de la réglementation elle-même, qui a défini très précisément ce qu’était un frais à l’occasion de MIF 2. Grossièrement, et les juristes préciseront en commentaires : les frais, c’est ce que l’acheteur paie au vendeur. Dans le cas SpaceX, ceux de Benotmane et de l’éventuel PSI qui aurait organisé la table ronde. Sachant que l’accès au club se paie déjà par abonnement. Une autre lecture aurait été le delta entre la valo des parts du vendeur (avant les intermédiaires) et celle de l’acheteur.
Selon nos informations, le vendeur lâchait ses actions à 185$, légèrement sous le marché secondaire de l’été 2025, qui tournait alors autour de 200-210$ l’action7, soit une valo de l’ordre de 400G$. En décembre 2025, l’opération interne de rachat d’actions valorisera la boîte 800G$, à 421$ l’action8. Un x2 en 6 mois. Des chiffres, tous, complètement incohérents avec ceux de la documentation commerciale de Benotmane, qui affichait un carry de 50% des bénéfices pour le SPV et des projections de valo à 300G$ sous 3 ans et 1’000G$ sous 10 ans, alors que son propre prix de vente de 210$ l’action impliquait, selon le nombre d’actions retenu, une valo déjà proche de 900G$.
Alors, perdants, les membres du club ? Neuf mois plus tard, le calcul a l’air facile. IPO pricée à 135$ le 12 juin 20269. Acheté 210, coté 135, et même 112 fin juillet. -46%. Merci Hakim.
Sauf que ce calcul est faux. Il faut le refaire dans l’autre sens.
Entre temps, en mai 2026, SpaceX a splitté ses actions 5 pour 1 pour préparer son introduction, ramenant la fair market value de 526,59$ à 105,32$10. Une action achetée 210$ à l’automne 2025 est devenue 5 actions. Le prix de revient réel des membres du club est donc de 42$ par action post-split.
Ce qui donne, pour qui a effectivement acheté à ce prix :
au prix d’IPO (135$) : ×3,2 ;
au premier cours coté (150$) : ×3,6 ;
au pic du 16 juin (225,64$) : ×5,4 ;
au cours de fin juillet (112,55$) : ×2,7.
Reste le lock-up. Les actions sont bloquées 180 jours après l’IPO : rendez-vous le 9 décembre 2026 pour toucher quoi que ce soit. Or en 6 semaines, le titre a perdu la moitié de sa valeur, est repassé sous son prix d’introduction à la mi-juillet et traîne désormais sur ses plus bas, autour de 107-112$. Entre le ×5,4 du 16 juin et ce qui sera réellement encaissable en décembre, l’écart se compte déjà en moitiés. Certes, pour perdre de l’argent en absolu, il faudrait que le titre casse les 42$, soit encore -63%. Mais le gain final dépend d’un cours dans 5 mois que personne ne maîtrise, sur un titre qui vient de démontrer sa capacité à faire -50% en 6 semaines.
Et reste l’origine du gain. Le club payait 210$ quand le vendeur sortait à 185$. Soit 13,5% au-dessus du prix consenti par le vendeur, avant l’abonnement au club et les couches de SPV. Ce qui a sauvé tout le monde, c’est le repricing entre l’automne 2025 et l’IPO : 421$ l’action au tender de décembre, puis la fusion avec xAI, finalisée le 2 février 202611, qui glisse Grok et le réseau social X dans le même véhicule (plus les data centers Colossus) et porte l’ensemble à 1’250G$, avant une introduction visée jusqu’à 1’500G$.
D’autant plus que tout ça, c’est du brut. Pour la performance nette, il faudrait retrancher l’abonnement, le spread des intermédiaires, l’éventuel carry, la part du PSI. Combien exactement ? Personne ne sait. C’est précisément le problème.
Le genre de problème qui finit parfois au tribunal. Aux États-Unis, Late Stage Management une société du New Jersey vendait des deals pre-IPO « sans frais », en expliquant ne se rémunérer qu’à la sortie, sur 20% des profits. Le DOJ12 a établi qu’elle prélevait en réalité des markups cachés de 10 à 50% à l’entrée : 528M$ levés entre 2019 et 2022, 88,6M$ détournés, plaidoyers de culpabilité à la clé début 2026.
Et tout ça est complexifié par le fait que toutes les actions, et donc les ventes, ne se valent pas. Chez Alphabet, coté depuis 2004, 3 classes coexistent : les A (1 droit de vote), les B (10 voix, jamais cotées, aux mains des fondateurs), les C (0 voix)13. Même boîte, mêmes profits, mêmes droits sur tout le reste, sauf le vote. Dans le non coté, c’est pire : préférences de liquidation, clauses de cession, tout se négocie tour par tour. Chez SpaceX, le prospectus d’introduction déposé à la SEC décrit la même mécanique : des actions de catégorie B à 10 droits de vote qui laissent à Elon Musk environ 82% des droits de vote. Le flottant vote pour la forme.
Le même Benotmane avait d’ailleurs proposé un peu plus tard d’investir dans Mistral AI. Interrogée à plusieurs reprises, l’entreprise a démenti, et Benotmane s’est fait traiter de giga mytho, alors que bon, c’est vachement pas son genre. Eh bien figure-toi que l’info… était vraie. Mais en réalité, ce qui était vendu n’était ni des actions Mistral, ni même l’entrée dans un quelconque SPV : c’était une option d’investissement détenue par un family office indien, refourguée par un obscur intermédiaire.
Voilà ce que le marketing appelle « accéder aux mêmes deals que les grands fonds ».
🪓Les Tontons fractionneurs
La chute du crowdfunding a d’abord libéré une clientèle entière, surtout en France où l’immobilier pesait une part énorme des financements. Les chiffres sont brutaux : 845M€ collectés sur l’immobilier en 2025 pour 1’004 projets, contre 861M€ et 1’139 projets un an plus tôt, et loin du pic de 202214. Le segment ne pèse plus que 47,9% de la collecte du secteur, qui atteint 1’763M€ tous produits confondus, après un sommet à 2’355M€ en 2022. L’AMF avait déjà mesuré l’ampleur des dégâts, et sa méthode vaut le détour15. Le régulateur a collecté les données des 10 plus grosses plateformes, soit 75% de la collecte 2021-2023, et comparé ce qu’elles affichent à ce qu’elles constatent. Sur les projets financés en 2019, le taux de retard affiché était de 15,2%. En comptant aussi les projets remboursés en retard, et pas seulement ceux encore en souffrance, il passe à 60,2%. Le même marché, les mêmes projets, 4 fois plus de casse selon la façon de compter. Au 31 mars 2024, environ 30% des projets en cours accusaient un retard, avec des cohortes 2020 et 2021 à 20,1% et 36,9% 2 ans après leur lancement. 2 ans plus tard, le baromètre indépendant tenu par Argent et Salaire, qui collecte les indicateurs de plus de 40 plateformes depuis 2017, donne un taux de défaut de 15,33% en montant au 30 juin 2026 sur l’ensemble du crowdfunding en dette, immobilier, énergies renouvelables et PME confondus, en recul de 11,1% sur un an16. Le seul segment immobilier, lui, tournait à 25,8% en avril 2026, contre 2,4% en 2022, et dépasse 35% sur certaines plateformes17. Non pas que les plateformes françaises soient moins bonnes qu’ailleurs : l’immobilier y était simplement surreprésenté.
Mais ça ne concerne nullement le crowdequity, pourtant vendu par les mêmes plateformes, avec le même agrément. Pas un seul chiffre officiel. Juste une fosse commune où il faut rechercher les étiquettes de soldats inconnus pour savoir qui avait fourni les rations. Parce que là où la dette publie ses taux de défaut au format FPF, mois après mois, plateforme par plateforme, le crowdequity ne publie rien. Ni taux de défaut, ni performance, ni mortalité des lignes. Nulle part. Mais nombre d’investisseurs de longue date voient les échecs s’accumuler. D’abord parce que, mécaniquement, les deals du crowdequity sont moins bons que la moyenne. Ensuite parce que le marché s’est retourné, empêchant pas mal de startups de se refinancer et les envoyant à la casse faute de rentabilité. Puis l’IA est arrivée massivement, et un peu la défense, même si ça reste un marché à part, changeant la direction des fonds, tuant pas mal de boîtes au passage et permettant à d’autres de se passer temporairement de financements externes.
De fait, certains acteurs se sont spécialisés uniquement sur le late stage :
Fundora, pionnier sur le secteur, qui revendique plus de 80M€ collectés et 35’000 utilisateurs18, et qui a racheté la société de gestion Kyoseil AM19 ;
Carré Partners, fondé par 2 anciens de Tudigo.
D’autres acteurs de l’equity ont intégré des offres similaires, sans en faire leur cœur de cible :
Nvest, le club d’Eric Larchevêque ;
Blast Club, celui d’Anthony Bourbon.
De même que des fintechs multiproduits, Ramify ou Cashbee.
Chacun raconte ça à sa manière, mais la communication est identique : accéder à des investissements dans des boîtes peu accessibles. Avec un discours globalement mesuré.
Cela dit, un autre point frappe : la similarité des deals. L’explication facile serait que les boîtes multiplient les canaux pour lever. Or une majorité de deals sont des secondaires. Une partie de la réponse est structurelle : au premier semestre 2025, 5% des licornes concentraient 94% de l’intérêt acheteur sur le marché secondaire, selon Caplight20. Tout le monde court après la même vingtaine de noms. L’autre partie de la réponse, c’est qu’un acteur de l’ombre sert une grosse partie des clubs et des plateformes : Maresquier Partners21, entre Paris et Dubaï, qui pourrait finir l’année au-dessus de 200M€ de volume. Et qui, selon plusieurs informations concordantes, négocierait le rachat d’une société de gestion disposant déjà d’un fonds de private equity. Le mouvement n’a rien d’isolé : Fundora a déjà fait la même chose avec Kyoseil AM¹⁸. Racheter un agrément coûte moins cher que d’en demander un.
Sa documentation commerciale22 dit d’ailleurs mieux que moi ce que coûte l’intermédiation : les performances qu’elle affiche sont présentées comme nettes pour l’investisseur, après déduction des frais de transaction, des coûts de change, des frais de structuration et du carried interest. Quatre postes, énumérés par le vendeur lui-même.
Et au milieu de tout ça, un étrange acteur sorti de nulle part.
Les Barbouzes
Retour au grand blond sans chaussures noires. La société qu’il cite à la fin de sa vidéo, celle qui « analyse des milliers de start-ups chaque année » est un joli palindrome : Akka.
Société fondée en 2024, 20 salariés en juin 2026, 3’000 investisseurs revendiqués, 2,2M€ levés en mars 2025. Côté déploiement, les chiffres doublent vite : un peu plus de 10M€ placés dans des startups fin 2025, plus de 20M€ et plus de 30 opérations 6 mois plus tard23. En France, la presse la présente comme une plateforme française. En Espagne, la presse tech la présente comme madrilène, fondée par Thomas Rebaud et Pedro Buerbaum, dirigée par Javier Desantes24. Les bases sectorielles, elles, lui attribuent 2 CEO : Thomas Rebaud et Nicolas Nati25.
La boîte est enregistrée en tant qu’agent de PSP via Lemonway auprès de l’ACPR26, et en tant que PSFP auprès de l’AMF. L’agrément27, lui, a été délivré à une société qui s’appelle... Blast Angels Europe. Évidemment, ce n’est pas un hasard. Blast Angels Europe, c’est le Blast Club + Europe. Et Akka, c’est la marque sous laquelle ce véhicule a été lancé en Italie, en Espagne, en Suède, partout sauf en France, où le club existait déjà sous son nom d’origine. Si la marque débarque à Paris seulement maintenant, c’est précisément parce qu’elle n’est plus Blast.
Quant à Thomas Rebaud, ex-ambassadeur du Blast Club, c’est surtout le fondateur de Meero. Une marketplace de photographes, fondée en 2016, qui lève 205M€ en juin 2019 auprès d’Eurazeo Growth et de Prime Ventures, ce qui en fait le plus gros tour d’une startup française à cette date28. La boîte emploie alors 600 personnes et annonce qu’elle en emploiera 1’200 avant la fin de l’année, pour 5-10G$ de CA sous 7 ans29. Le titre de licorne, en revanche, n’a jamais reposé sur un chiffre publié. La valorisation est restée confidentielle et le milliard a été déduit d’une dilution estimée entre 20 et 25%. Un an plus tard, Rebaud confiait aux Échos regretter d’avoir communiqué sur l’opération30. Le regret n’a pas survécu.
Assez étonnant, au printemps 2026, et à plusieurs reprises, des salariés d’Akka ont nié toute filiation avec le Blast Club. L’identifiant technique de l’application sur le Play Store, lui, s’appelle com.capsens.blast31, du nom du prestataire qui a développé la plateforme et du projet d’origine. En plus de l’agrément et de la filiation évidente. Un nom de paquet ne se change pas après publication. Il reste ce qu’il était le premier jour. En réalité le Blast Club détenait autour d’un quart d’Akka. La structure a vendu la moitié de ses parts à l’entrée d’un fonds au capital, et le solde un peu avant l’été 2026.
Un ancien proche du dossier résume :
« Ça burn beaucoup et ils ne trouvent pas leur modèle. Il gère ça en mode scale-up 2018, bourrin, je ne vois pas comment ça peut survivre plus d’1 ou 2 ans. »
La grille tarifaire, proche de Blast est assez simple : un abonnement à partir de 39€ par mois pour accéder aux deals, des frais de structuration de 3 à 8% de chaque investissement, 1% de gestion annuelle via le SPV (plafonné à 5 ans), et 15% de commission de performance32. Le détail des paliers mérite un arrêt.
Starter : 300€ maximum par deal, 5’000€ par an, 8% de frais de structuration ;
Explorer : 2’000€ par deal, 5% ;
Pioneer : 10’000€ par deal, 5% ;
Business Angel : 100’000€ par deal, montant annuel illimité, 3%33.
Restent les chiffres de performance. Le site annonce +33% de croissance en 2025, supérieur au S&P 500, puis 2 mots : résultats réels. L’astérisque, lui, précise que le calcul repose sur les valorisations officielles des derniers tours de table. Une valorisation de dernier tour n’est pas un résultat, et surtout pas un résultat réel : c’est un prix auquel personne n’a vendu. Même mécanique pour les 23% de rendement moyen depuis 1980 affichés ailleurs, par une société fondée en 2024.
Et dans le même astérisque, en petit : les investissements en startup sont illiquides et comportent un risque de perte totale. La formule existe donc, et elle est exacte. Elle vit en bas de page, sous une promesse de croissance imprimée en gros. Fin juillet 2026, la marque revendiquait une sortie sur Anthropic à 400% de rendement net. Le récit tient en 3 lignes : une poche d’environ 690K€ investie, ouverte à la communauté en avril 2025, revendue 12 mois plus tard sur le secondaire à 4x le prix d’entrée, commissions et impôts de la structure déduits. Le chiffre n’est pas absurde en soi : Anthropic s’échangeait en avril 2026 au-dessus de 1’000G$ de valorisation implicite sur le secondaire34, contre 61,5G$ au moment de l’entrée.
Un détail mérite néanmoins d’être posé : Anthropic publie sur son propre site une page d’avertissement sur les ventes non autorisées de ses actions, et invite à lui signaler quiconque commercialise un accès à son capital35.
Parce que la scaleup, comme la plupart du genre qui servent à attirer le chalant est très mal à l’aise avec ces ventes. Chez Akka, parmi les 28 lignes affichées sur le site on retrouve Bolt, Perplexity, Crusoe, Epic Games, Anthropic : les noms de la publicité. Et puis Arpias, abonnements de manucure premium. Bund, costumes sur mesure à prix accessible. Rhyde, trottinettes reconditionnées. Robinsun, kits solaires à installer soi-même etc.
Sur la page d’accueil, l’argumentaire tient en 4 promesses : investir comme le top 1%, jusqu’à 300€ offerts à investir, annulation à tout moment sous 30 jours, et aucune expérience requise. Aucune expérience requise, pour un produit dont le régime européen impose précisément d’évaluer les connaissances de l’investisseur non averti et sa capacité à supporter des pertes36.
Et la question qui vaut pour tout le monde : qu’est-ce que le membre détient, exactement ? Là-dessus, Akka ne dit rien. Ni le nom du cédant, ni le nombre de véhicules empilés entre lui et l’acheteur, ni la classe des titres portés par le SPV. La plateforme promet pourtant des protections de niveau VC, droits anti-dilution compris, et les mêmes conditions que les VCs37.
Une histoire que le grand blanc ne raconte pas. Et il n’est pas le seul. Prends le compte Instagram/TikTok prebourse, ouvert au début de l’été, qui parle de l’IPO de SpaceX. Et glisse, en scred, le nom d’Akka.
Dans le mois qui suit, le compte publie 18 fois. 18 fois pour parler d’Akka et d’investissement late stage. Sans un mot sur les risques. Sans un mot sur la publicité.
Avec un objectif qui semble clair : recruter.
Parfois, d’autres profils commentent, comme startup_investfr. Et de quoi peut bien parler startup_investfr ? Tu vas pas me croire : de late stage, et d’Akka.
Et puis il y a le nombre de comptes qui, subitement, se sont mis à être ultra fans de la marque, avec des claims très sobres :
« J’ai tout mis grâce à AKKA. »
« Apparemment ils utilisent tous AKKA pour ça. C’est fou de pouvoir investir dans Anthropic avant son IPO »
Certains profils discutent les infos entre eux. L’un d’eux précise même que « ce n’est pas un conseil en investissement ». Après 14 vidéos à conseiller des investissements, prévoyant même que l’agence française de fabrique des tops LinkedIn Favikon devient une licorne lors de son IPO.
Akka ne suit aucun de ces comptes. Et quasiment aucun de ces comptes ne suit Akka. Étonnant, pour des fans-investisseurs.
Cela dit, Akka ne peut ignorer ni la campagne ni la méthode, puisque la marque a fourni elle-même des liens trackés à chacun des comptes, tous tenus, semble-t-il, par de vraies personnes qui produisent le contenu qui leur a été commandé. Ce que disent les liens :
la campagne est principalement destinée à TikTok ;
chaque compte est tracké individuellement ;
la mention « evergreen » de l’UTM campagne indique une opération continue ;
les claims, les templates et les boîtes proposées sont les mêmes partout.
Autrement dit, une campagne clandestine, conçue pour rester clandestine.
Les claims, eux, sont hors-sol. Comme ici avec les prédictions de valorisations pour des deals proposés sur Akka.
Plusieurs des influenceurs incitent carrément à balancer tout son argent sur Akka :
« Si vous avez du pognon à la fin du mois, que ce soit 100 balles, 200 balles, 1000 balles, mettez tout sur Akka. »
Certains diffusent un lien d’affiliation.
D’autres préfèrent passer par e-mail ou en message privé.
Certains de ces rabatteurs sont des digital nomads qui galèrent à vendre des formations. D’autres sont des indépendants en reconversion, c’est-à-dire la cible idéale des vendeurs de formations. Au moins 2 ont fait partie d’un MLM.
Une sorte d’étrange astroturfing, raccord avec la suite de l’histoire, mais aussi le reste de leur stratégie. Sur Instagram, par exemple, le compte akka.app affiche 12,8K followers. Le compte publie des posts IA 3 fois par jour, qui affichent entre 0 et 5 likes, la majorité du temps sans commentaire autre que le compte d’Akka lui-même.
Interrogé par Zero Bullshit, Thomas Rebaud reconnait en partie le problème.
« Plein de contenus [d’influenceurs ne] vont pas du tout, [on les] a flaggués, soit en écrivant aux créateurs en leur disant de retirer cela tout de suite, soit en écrivant aux personnes (4 il me semble) qui publiaient du contenu pour nous via une agence et qui ne respectaient pas toutes les guidelines. »
Cela dit, la veille de cette réponse et publication de cette newsletter, les comptes continuaient de publier. Rebaud s’en explique également :
« La personne en charge du légal a tout flagué, tout ce qui est pas ok du tout devrait être supprimé d'ici fin août. […] C'est des petits contrats, ils se lancent, publient, oublient une guideline sur deux, on review, shutdown, arrêtent les collab ou les transformons. Le process a été laborieux au lancement il y a quelques semaines. Cela rentrera dans l'ordre sous peu. »
Akka n’est pas la seule à faire ça et à faire appel à cette agence. En creusant les profils, d’autres marques apparaissent. Comme Rebind, fintech qui promet du 5% en euros et du 8% en dollars, liquide, et qui revendique 36G€ de dépôts pour 200K clients. Soit 180’000€ par client en moyenne, chez une fintech sans le moindre agrément ni le moindre enregistrement, avec un profil qui laisse penser que les rendements viennent en réalité de la DeFi.
Le cofondateur, David Cingala, a notamment cofondé le jeu web3 Immortal Game et a sans doute vu passer la hype des livrets cryptos. Sauf que s’ils ont tous disparu, il y a une raison. Le dernier survivant, Mon Livret C, n’a plus le droit d’exercer faute d’agrément. D’autant plus qu’ils ont planté plusieurs millions d’euros il y a presque 1 an et qu’ils n’ont plus jamais communiqué publiquement depuis. Avant l’été, sur 6 portefeuilles, 4 affichaient 45% de perte, 1 en affichait 37%, et le dernier, le seul en euro, 3%.
Pertes des portefeuilles Mon Livret C après le hack de Stream Finance.
Donc : des produits risqués, vendus sans disclaimer ni mention des pertes, par des comptes rémunérés qui ne le déclarent jamais.
Quant à Akka, la marque ne s’en remet pas qu’à des comptes anonymes. Ses campagnes Facebook et Instagram tournent toujours, sous son propre nom cette fois, et la bibliothèque publicitaire de Meta est publique. Le même argumentaire, les mêmes promesses de rendement, et sur les annonces consultées, aucun avertissement sur le risque de perte.
Même histoire, autre méthode. À la mi-juin, plusieurs sites peu regardants sur les communiqués annonçaient l’offre en fanfare, entre copier-coller et publicommuniqué. Jaimelesstartups déroule les arguments de la boîte38 :
« Akka entend changer la donne. En agrégeant la force de sa communauté et en éliminant la complexité liée aux placements sur les marchés privés, la start-up permet d’investir dans des conditions proches de celles des professionnels, dès 300€ par deal. »
Le même jour, Finyear raconte la même chose39, avec un étrange disclaimer qui ne permet pas de savoir si c’est, ou non, une publicité. Boursier et Planet Fintech reprennent la même citation du CEO40 :
« [Akka] change cette dynamique en mutualisant la puissance de sa communauté et en supprimant la complexité opérationnelle de l’investissement sur les marchés privés. »
Déjà lu quelque part. Mais où... En tout cas, la même histoire circule en polonais sur un site local, et en anglais chez Il Sole 24 Ore41, quasi mot pour mot. Logique : Akka opère en France, en Espagne, en Italie et en Suède, la campagne suit le passeport. Détail curieux au passage : le « CEO d’Akka » qui signe les citations change selon l’article. Thomas Rebaud ici, Nicolas Nati ailleurs.
Mais bon, pour savoir si Akka est vraiment cool, il suffit de chercher des avis. La note Trustpilot semble correcte : 4,1. Sauf que. Bah oui. T’as compris.
Les 5 premiers avis sont globalement mauvais.
Puis soudain, le 14 avril 2026, un peu avant le vrai lancement en France, un certain Benoit Lagarde écrit42 :
« Part of Akka since 2025. Best decision I’ve made. »
Il a investi dans Revolut, Anthropic et 5 autres startups early stage. Il adore l’expérience. Il a même « rencontré l’équipe plusieurs fois, des gens super, très talentueux ».
Sans blague. Cet ex-C-level de Meero est associé et mandataire social d’Akka.
Suivront 12 commentaires positifs. En 2 jours. Tous étranges. Lucas L. et Tomas commencent tous les 2 par leur durée d’inscription, tout comme Adrian Søbyskogen. Qui n’est autre que le CEO d’Akka pour les pays nordiques.
Plus bas, Marco Dos Ramos, community manager d’Akka en Espagne. Markus Törstedt, d’Akka Nordics. François Baronne, du marketing. Daniel Garcia Reyes, commercial Espagne. Salva Pérez, VC Espagne. De quoi conclure sans trop de risque sur la nature des avis restants.
Thomas Rebaud relative :
« Pour le Trustpilot, pour le coup c'est pas nous. […] On veut justement commencer à mettre des avis clients pour augmenter la légitimité de la marque au moment où un prospect arrive sur le site web. Ce qui est actuellement en ligne, que je viens de regarder du coup, ce n'est pas nous. »
Reste donc à définir qui est « nous », du coup.
Puis vient un dernier point qui devrait intéresser l’AMF bien plus que des avis Trustpilot. Il demande 2 minutes d’attention, parce que c’est un peu technique. Mais c’est quand même intéressant.
Un agrément PSFP43 autorise à mettre en relation des porteurs de projets et des investisseurs. Le porteur de projet, c’est la société qui cherche de l’argent et qui l’encaisse. Le règlement européen de 2020 a été écrit pour ça, et l’AMF le résume dans sa propre doctrine : le service consiste à mettre en relation des investisseurs et des porteurs de projets « en matière de financement d’entrepreneurs », sur des offres inférieures à 5M€ par projet sur 12 mois44. Financer des entrepreneurs. Pas organiser la revente de titres entre actionnaires.
Dans une opération secondaire, aucun entrepreneur n’est financé. Anthropic n’encaisse rien, ne demande rien, et n’a probablement jamais entendu parler de la plateforme qui vend ses actions à des Français par tranches de 300€. Qui est le porteur de projet dans cette histoire ? Si c’est Anthropic, elle porte un projet à son insu. Si c’est le SPV, alors le porteur de projet est une coquille créée pour l’occasion, dont le projet consiste à racheter les parts de quelqu’un qui sort.
Ce périmètre n’est pas une lecture personnelle. Les cabinets qui accompagnent les plateformes vers l’agrément le décrivent tous de la même façon depuis l’entrée en vigueur du texte : le règlement couvre la facilitation de prêts et le placement de titres émis par un porteur de projet ou par une entité ad hoc, sous un plafond de 5M€ par projet sur 12 mois, au-delà duquel un prospectus devient obligatoire45. Et le périmètre n’est pas décoratif : fournir un service de financement participatif sans l’agrément correspondant relève des articles L. 573-12 et suivants du code monétaire et financier, c’est-à-dire du pénal46.
Il prévoit quand même une exception, et elle est faite pour les startups. Faire entrer 300 personnes à 300€ directement à la table de capitalisation d’une société est ingérable, donc le texte autorise le SPV, ce véhicule qui les regroupe derrière une ligne unique. Mais il l’encadre par une condition : un seul actif non liquide ou indivisible par véhicule47. Un SPV, un actif. Et l’exigence s’apprécie par transparence, c’est-à-dire en regardant ce que détiennent les structures que ce SPV contrôle, pour éviter qu’un empilement de coquilles ne dilue la règle.
Toute la démonstration tient donc à 3 mots : actif non liquide.
L’ESMA a d’ailleurs précisé les critères et conctours48. Un actif est non liquide quand il n’existe pas de marché organisé pour ce type d’actif, quand les transactions se font de gré à gré, quand aucune valeur n’est immédiatement disponible, et quand s’accorder sur un prix avec un acheteur demande du temps et de l’argent.
Une action Anthropic coche mal ces cases. Forge, Hiive et Caplight publient des prix sur ces titres, et le prix du SpaceX secondaire cité plus haut dans cet article vient précisément de là. Difficile de soutenir qu’aucune valeur n’est disponible pour une société dont le cours secondaire s’affiche au dollar près.
Certes. Ces prix sont indicatifs et non des cours, et une cession demande souvent l’accord de l’émetteur, qui peut la refuser. 2 critères penchent d’un côté, 2 de l’autre. La qualification est discutée par les praticiens depuis l’entrée en vigueur du texte, et je ne tranche pas à leur place.
Reste le second angle, celui du véhicule unique. Si le SPV proposé aux membres entre dans un SPV amont qui porte lui-même plusieurs lignes, comme dans la chaîne à 5 maillons décrite plus haut, l’approche par transparence fait tomber la règle du seul actif. Combien de véhicules, et que porte chacun ? Akka ne le publie nulle part.
Les autres acteurs passent par un PSI ou par une société de gestion, qui porte le risque et répond de l’opération. Akka opère sous son seul agrément PSFP. Et l’AMF a délivré cet agrément en connaissant le modèle, ce qui ne vaut pas quitus mais compte.
Thomas Rebaud précise que c’est une situation temporaire.
« On [va évouler] vers d'autres licence, […] PSI notamment, mais la complexité réglementaire de tout cela est assez folle. C'est en réalité un mash up de différentes régulations que l'on doit passer pour faire exactement ce que l'on souhaite faire. »
🚨Le Gendarme à Saint-Tropez
Vu de Paris, tout ça ressemble à une bizarrerie française. C’est à peu près le contraire.
En juin 2025, la FCA britannique a monté une semaine d’action coordonnée contre les finfluenceurs avec 8 autres régulateurs, venus d’Australie, du Canada, de Hong Kong, d’Italie et des Émirats49. Résultat : 3 arrestations, 6 procédures pénales, 11 lettres de mise en demeure, 50 alertes publiques et 650 demandes de retrait de contenus. Outre-Manche, promouvoir un produit financier sans autorisation est un délit passible de 2 ans de prison. En juillet 2026, la FCA a placé cette opération en tête de son rapport annuel50. Pas en annexe. En tête.
Cela dit, la retailisation elle-même n’est pas une combine de margoulins. C’est une politique publique. Le règlement ELTIF a été refondu par Bruxelles, et sa version 2.0 s’applique depuis le 10 janvier 202451. La première mouture, lancée en 2015, avait accouché de moins de 100 fonds en 8 ans dans toute l’Europe. La seconde a fait sauter les verrous : le ticket d’entrée minimum de 10’000€ disparaît, la règle qui interdisait à un épargnant doté de moins de 500K€ d’y placer plus de 10% de ses actifs disparaît aussi, et la part d’actifs illiquides exigée dans le fonds tombe de 70% à 55%52. Ne subsiste qu’un test d’adéquation aligné sur MIF 2.
En France, les encours ELTIF atteignaient 4,7G€ fin 2024, dont la moitié sur des véhicules réservés aux professionnels53. Les projections de place tablent sur 50G€ en 2028, et le double dans le scénario le plus optimiste54.
Bruxelles a donc ouvert la porte elle-même, et a retiré le seuil qui tenait le retail à distance.
Et c’est pareil de l’autre côté de l’Atlantique.
Linqto promettait un accès à des parts de SpaceX, Anthropic, Ripple ou CoreWeave. Chapter 11 déposé le 8 juillet 2025 devant le tribunal des faillites du district sud du Texas, affaire n° 25-9018655, après la suspension de la plateforme le 13 mars 2025. Entre 500M$ et 1G$ d’actifs et de passifs déclarés, plus de 13’000 investisseurs dans plus de 110 pays. La plupart pensaient détenir des parts de ces boîtes. La procédure a montré que les SPV appartenaient à Linqto elle-même, jamais aux clients, qui n’ont donc jamais détenu ce qu’ils croyaient avoir acheté, et se retrouvent bien plus bas dans la file que la pire des actions ordinaires. Les actions Ripple leur avaient d’ailleurs été revendues avec des marges dépassant parfois 60%, quand la SEC signale toute surcote supérieure à 10% comme potentiellement frauduleuse56. Une action de groupe déposée par l’avocat John Deaton évoque des surcotes non divulguées comprises entre 20% et 60%, parfois jusqu’à 150%57. La SEC enquête depuis octobre 2024, la FINRA sur la filiale courtier. Le PDG de Ripple, lui, a tenu à préciser que sa boîte n’avait aucune relation d’affaires avec Linqto et ne l’avait jamais comptée dans ses tours de financement.
Le plan de sortie de faillite, élaboré avec le comité des créanciers non garantis et confirmé par le tribunal le 6 février 20265859, leur laisse un choix : liquider leur position, ou rester exposés via un fonds qui reprend les mêmes actifs. Sans certitude sur ce que chacun récupérera au bout. En juillet 2026, le tribunal a autorisé la vente de 130M$ d’actions Ripple du portefeuille60. Les acheteurs : Galaxy Digital, Arrington Capital et 2 fonds institutionnels. La file d’attente des particuliers se vide par le haut, au profit de ceux qui n’ont jamais eu besoin d’une app pour accéder au non coté.
🎶One more time
Le secteur ne peut plus aujourd’hui se cacher derrière sa jeune. Les règlements ont plusieurs années, les erreurs majeures ont déjà été faites, l’esprit de la loi est plutôt clair.
Mais au-delà des erreurs de comm’ et des approximations, ce qu’on voit arriver c’est une tendance qui pourrait couter cher. Parce que derrière la retailisation du late stage, c’est surtout la liquidité des instits payées par les particuliers. Jamais un process n’avait été aussi direct.
Et le risque est bien réel. Il ne fait aucun doute qu’il y a une énorme bulle IA. Qu’elle va exploser. Les deux questions sont :
Quand tout va exploser ?
A quel point ça va ravager le secteur ?
Ce qui est évident, c’est que les initiés, les instits et les pros s’en remettront : ils ont les reins solides et ont planqué leur sécurité dans des lignes de contrats auxquels ceux qui payent la liquidité n’ont pas accès. C’est tout l’histoire de Leopold Aschenbrenner et son fonds que la planète entière a encensé pendant des mois, et qui va de s’effondrer complètement. Non qu’il est mauvais. Mais à la première crise passagère, il a du relever des fonds. Et ses investisseurs ont préféré le voir tomber en rachetant ses positions à la casse que de l’aider à s’en sortir. On parle ici d’une personne brillante, qui sait de quoi elle parle, avec de vraies références. Alors les particuliers qui achètent sur une plateforme heureuse d’annoncer qu’elle vend une poche complète en quelques minutes…
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Plateforme CGP, private equity immobilier et dette privée, Openstone, consulté le 30 juillet 2026. Accès à des fonds BlackRock, EQT, Ares et Carlyle à partir de 30K€ sous conditions.
Frais de gestion et private equity immobilier, Openstone, 1er mai 2025
Openstone : la plateforme de placements immobiliers, avis, Petit Investisseur, 8 septembre 2025.
Investissement non garanti. Risque de paume en capital. Demandez à un adulte avant d’investir.
Private empires, public reckoning : the 250 billion shadow market for pre-IPO tech giants, Bancara, 13 mars 2026.
Introduction en bourse : SpaceX vise une valorisation stratosphérique de 1 500 milliards en 2026, SpaceX France, 2 janvier 2026
Prospectus définitif (formulaire 424B4), Space Exploration Technologies Corp., SEC, 12 juin 2026, dossier n° 333-296070, après un dépôt initial en Form S-1 le 20 mai 2026.
Établit le prix d'introduction de 135$, la structure à 3 classes d'actions A, B et C, le lock-up de 180 jours.
SpaceX IPO Nasdaq : 1 750 Md$ et 75 Md$ levés, Tech Insider, 16 mai 2026
SpaceX absorbe xAI au moment où Elon Musk cherche des milliards pour ses ambitions spatiales, Le Devoir, 3 février 2026
Three Sales Executives Charged in Connection With Pre-IPO Fraud Scheme, Department of Justice, Eastern District of New York, 13 février 2025
Établit des markups non divulgués de 10 à 50% à l'entrée sur 528M$ levés
Rapport annuel (formulaire 10-K), note 11 sur les capitaux propres, Alphabet Inc., SEC
Les droits des porteurs sont identiques à l'exception du vote : 1 voix pour la classe A, 10 pour la classe B, aucune pour la classe C
Le crowdfunding connaît un léger rebond en 2025 et a collecté près de 13 milliards d'euros cumulés depuis 2015, Forvis Mazars et France FinTech, 12 mars 2026
Étude sur le marché du financement participatif immobilier en France, Autorité des marchés financiers, 20 janvier 2025.
Sur la cohorte 2019, un taux de retard affiché de 15,2% contre 60,2% en intégrant les remboursements tardifs.
Baromètre des taux de défaut et de perte du crowdfunding, 2026 T2, Argent et Salaire, indicateurs au 30 juin 2026.
Taux de défaut global en montant de 15,33%, en recul de 11,1% sur un an.
Faut-il encore investir en crowdfunding immobilier en 2026 ?, Tantiem, 24 juin 2026
Avis Fundora : à lire avant de souscrire, Café de la Bourse, 26 juin 2026
Fundora collecte 10 millions d'euros en mars 2026, Finyear, 13 avril 2026
Q2 2025 Secondary Market Update, Caplight, juillet 2025.
5% des licornes concentrent 94% de l'intérêt acheteur au premier semestre 2025.
Registre national des entreprises, MP Maresquier Partners SAS, RCS n° 942 899 477. Société constituée en avril 2025, capital de 1'000€, siège au 3 rue La Boétie à Paris.
Maresquier Partners, site de la société, et Realised Exit Performance Summary, documentation commerciale non publique datée de mars 2026.
Akka.app lance une offre Pre-IPO dès 300€ par transaction, Finyear, 12 juin 2026.
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Making startup investing accessible, Madrid's Akka channeled near €9 million into tech companies in 2025, EU-Startups, 22 décembre 2025
Akka, company profile, Tracxn, juillet 2026
Regafi, ACPR, Akka agent de services de paiement de Lemonway, n° 734551.
Registre des prestataires de services de financement participatif, AMF, agrément n° FP-2024-9 délivré à Blast Angels Europe SAS, avec passeport européen.
Meero expose son capital, CFNEWS, juin 2019
La start-up Meero rejoint le club des licornes, lève 230 millions de dollars, Gilles Guillaume et Mathieu Rosemain, L’Usine Nouvelle, 24 juin 2019.
Thomas Rebaud (Meero), Tech-off, Les Échos, 26 mars 2020.
Entretien dans lequel il dit regretter d’avoir communiqué sur la levée de 2019.
Fiche de l’application Akka, Google Play, consultée le 30 juillet 2026.
L’identifiant technique du paquet est com.capsens.blast.
Start Investing in Startups from 39€/month, Akka, consulté le 30 juillet 2026
Frais de structuration de 3 à 8%, gestion de 1% par an via le SPV, commission de performance de 15%.
Site d’Akka, pages portefeuille, adhésions et mentions légales, consultées le 30 juillet 2026. 28 participations affichées, 4 paliers d’adhésion de 300€ à 100’000€ par deal avec des frais de structuration de 8% à 3%
Anthropic dépasse OpenAI sur le marché secondaire, XTB, 17 avril 2026
Ventes non autorisées d’actions Anthropic et escroqueries d’investissement, Anthropic, 29 juin 2026
Règlement (UE) 2020/1503 relatif aux prestataires européens de services de financement participatif pour les entrepreneurs, Parlement européen et Conseil, 7 octobre 2020.
Site d’Akka, pages portefeuille, adhésions et mentions légales, consultées le 30 juillet 2026. 28 participations affichées, 4 paliers d’adhésion de 300€ à 100’000€ par deal avec des frais de structuration de 8% à 3%.
Akka App : investissez dans des entreprises tech avant IPO, Jaimelesstartups, juin 2026.
Reprise intégrale de l'argumentaire de la société.
Akka.app lance une offre Pre-IPO dès 300€ par transaction, Finyear, 12 juin 2026.
Reprise intégrale du communiqué, avec un disclaimer ne précisant pas la nature publicitaire.
La plateforme fintech Akka ouvre l'accès aux pépites tech avant leur entrée en bourse, Planet Fintech, juin 2026.
Contient la citation de Thomas Rebaud reprise à l'identique par plusieurs sites.
Akka.app opens up to pre-IPO investment in Italia for the first time, Il Sole 24 Ore, 18 juin 2026.
Version anglaise du même argumentaire, mentionnant l'opération sous licence Blast Angels Europe SAS.
Avis sur Akka, Trustpilot, avis publié le 14 avril 2026
Prestataire de Services de Financement Participatif, transcription française du règlement (UE) 2020/1503 du 7 octobre 2020 relatif aux prestataires européens de services de financement participatif pour les entrepreneurs, applicable dans tous les États membres depuis le 10 novembre 2021.
Exercer une activité de prestataire de services de financement participatif (PSFP) en France, Autorité des marchés financiers, mise à jour du 10 juin 2026.
Définit le service comme la mise en relation d'investisseurs et de porteurs de projets en matière de financement d'entrepreneurs, pour des offres inférieures à 5M€ par projet sur 12 mois.
Le règlement ECSP et l'agrément PSFP, Solent Avocats, avril 2026
Crowdfunding, la procédure d'agrément à suivre pour devenir PSFP, Dolidon Partners, juin 2022
Règlement (UE) 2020/1503 relatif aux prestataires européens de services de financement participatif pour les entrepreneurs, Parlement européen et Conseil, 7 octobre 2020.
Article 3.6 : un seul actif non liquide ou indivisible peut être proposé par l'intermédiaire d'une entité ad hoc, apprécié par transparence sur l'actif sous-jacent.
Q&A ESMA_QA_797, Use of Special Purpose Vehicles, ESMA, 25 février 2021.
Énumère les indices permettant de qualifier un actif de non liquide.
FCA leads international crackdown on illegal finfluencers, Financial Conduct Authority, juin 2025.
9 régulateurs de 6 pays, 3 arrestations et plus de 650 demandes de retrait.
FCA cracks down on illegal promotions and market abuse in first year of new strategy, Financial Conduct Authority, 9 juillet 2026.
Capital markets union : ELTIF 2.0, Commission européenne, 30 octobre 2024.
Le régime révisé, applicable depuis janvier 2024, autorise la commercialisation aux particuliers dans toute l'Union avec test d'adéquation aligné sur MIF 2.
ELTIF 2.0 : new opportunities in 2025 for European AIFs, BNP Paribas Securities Services, février 2026.
Chiffres clés 2024 de la gestion d'actifs, Autorité des marchés financiers, décembre 2025.
Encours ELTIF de 4,7G€ au 31 décembre 2024, dont 50% issus de véhicules professionnels.
ELTIF 2.0, catalyseur de la retailisation du non coté ?, Périclès Group, juillet 2024
Dossier de faillite Linqto Texas, LLC et affiliées, chapitre 11, United States Bankruptcy Court, Southern District of Texas, affaire n° 25-90186, dépôt du 8 juillet 2025. Établit que les SPV étaient détenus par la société et non par les clients.
Pièces consultables sur le site Epiq du dossier
Ripple pulled into legal feud with bankrupt company, TheStreet, août 2025
Linqto : chapter 11 confirmé après des violations du droit des valeurs mobilières, Elevenflo, mars 2026
Joint Chapter 11 Plan of Reorganization of Linqto, Inc. and its Debtor Affiliates, Disclosure Statement, Docket 1136, 9 décembre 2025
Plan soutenu par le comité des créanciers non garantis, audience de confirmation fixée au 2 février 2026.
SpaceX absorbe xAI au moment où Elon Musk cherche des milliards pour ses ambitions spatiales, Le Devoir, 3 février 2026
Linqto Can Sell $130M In Ripple Shares As It Preps Ch. 11 Exit, Law360, 24 juillet 2026.


























